Comment gérer un parent qui menace de se suicider

C'est assez difficile de s'en sortir dans la vie tout seul, mais lorsqu'un parent menace de se suicider, cela peut secouer votre monde d'une façon que vous aurez du mal à imaginer. Que ferez-vous ? En quoi pouvez-vous aider ? Où pouvez-vous chercher du soutien ? Vous pouvez venir en aide à un parent qui a une tendance suicidaire en toute sécurité, en commençant par prendre au sérieux ses menaces.

Aider un parent qui a une tendance suicidaire

  1. Demandez-lui s'il a vraiment l'intention de se faire du mal. C'est peut-être effrayant de surgir tout d'un coup et de poser la question, mais vous êtes tenu de le faire. L'aide la plus cruciale que vous puissiez apporter à votre parent, c'est de lui dire que vous comprenez sa douleur. Le fait de savoir que quelqu'un le comprend effectivement et qu'il est pris au sérieux peut constituer le premier stade de son processus de rétablissement .
    • Dites gentiment quelque chose comme Papa, cela me fait vraiment mal de te voir souffrir autant. Lorsque tu disais que tu avais envie de te suicider, le pensais-tu vraiment ? S'il répond J'étais si frustré… mais je me sens bien à présent, cela signifie probablement que vous pouvez vous détendre. Cela ne veut pas toutefois dire que son état ne s'empirera pas par la suite, mais c'est qu'il n'était pas vraiment sérieux en le disant. Continuez à le surveiller au cours des semaines à venir et demandez-lui de temps à autre s'il pense toujours au suicide. Lorsque votre père dit une phrase comme Je suis simplement fatigué de tout ou J'en ai marre de la vie, je ferai mieux de mourir, la situation est donc bien plus grave.
  2. Cherchez à savoir s'il a un plan ou les moyens de mettre sa menace à exécution. Cela est peut-être une question que vous devriez éviter, néanmoins, ce n'est pas le moment d'être nerveux ou timide, une vie est en jeu. Si votre mère ou votre père est fatigué de tout, demandez-lui si tu devrais vraiment te suicider, comment t'y prendrais-tu ? Une fois encore, vous essayez d'analyser à quel point l'intention est meurtrière .
    • Si votre père dit Je me servirais probablement de mon arme, il est impératif que vous dénichiez la planque de cette arme. Si cette dernière est cachée dans un casier ou une boite à pistolet, vous devez vous emparer de la clé. Par contre, si elle se trouve dans le tiroir de la table de chevet, vous avez la possibilité de la dissimuler ailleurs. Toutefois, quelle que soit la façon dont vous vous y prenez, cela est une menace grave parce que votre père (A) a un plan (se suicider) et (B) il dispose des moyens (l'arme) d'arriver à ses fins. Enlevez l'arme de chez vous et composez le 112 ou emmenez votre père à l'hôpital qui est non loin de votre domicile pour qu'il subisse un examen psychologique et avoir une orientation pour être soigné.
    • D'autre part, si votre père donne une réponse telle que Oh, je n'en sais rien. Peut-être des cachets ou quelque chose de moins douloureuse. Cela constitue une menace peu crédible, mais quand même, elle doit être prise au sérieux. Si possible, insistez un peu, puis cherchez à savoir le genre de médicaments qu'il pense utiliser. Une réponse telle que Beaucoup de Tylenol. On en a toute une boite est grave (il sait la pilule dont il a besoin et en a assez sous la main). Une phrase du genre Je n'y avais pas pensé jusque-là, est moins grave (il ne sait pas s'il en a suffisamment pour exécuter son plan et ignore même le cachet dont il a besoin). D'une manière ou d'une autre, il est crucial que votre géniteur cherche l'aide d'un professionnel pour suivre un traitement ou pour passer un examen. Appelez son médecin traitant, son thérapeute ou son psychiatre, au cas où il aurait un fournisseur spécial.
  3. Comprenez que vous n'êtes pas un spécialiste de la santé mentale. Certaines situations ne pourront pas être gérées par les amis ou la famille, peu importe à quel point vous tenez à votre parent ou vos bonnes intentions à son endroit. Si ce dernier a l'air vraiment sérieux, refait la même menace plus d'une fois ou attente à sa vie, reconnaissez que la situation vous dépasse et appelez les services d'urgence (appelez le 112 pour les débutants, si vous êtes en France).
  4. Obtenez de l'aide . Si vous constatez que votre père tient mordicus à exécuter sa menace, appelez la police ou le 112. Ces agences peuvent vous aider à emmener votre parent aux urgences pour qu'il passe un examen psychologique et suive un traitement. Vous avez aussi la possibilité d'aller confier vos peurs à un autre proche, à un enseignant ou à un ami en vue d'obtenir du soutien et des conseils. Quelqu'un pourra obtenir l'aide d'un professionnel pour votre parent. Ne perdez pas le temps. Si vous avez constamment un mauvais pressentiment à propos de cela, contactez rapidement quelqu'un pour qu'une éventuelle intervention soit faite.

Garder espoir

  1. Acceptez le fait que vous n'êtes pour rien dans cette situation. Ce n'est pas votre faute. Si l'un de vos parents a une tendance suicidaire, ne supposez pas que sa décision a rapport avec vous. Les individus qui pensent à se suicider présentent habituellement des troubles psychiques non traités tels que la dépression. Au cas où votre parent envisagerait de prendre une pareille décision tragique, ne vous blâmez pas ou quelqu'un d'autre .
  2. Faites savoir à votre parent que vous voyez toujours en lui un être fort. Avoir le sentiment qu'il est un être faible peut saper son rétablissement. Veillez à ce que votre parent sache que vous tenez à ce qu'il soit fier de vous, qu'il approuve vos choix, etc. Juste ces petites choses que les enfants font chaque jour à leurs parents.
  3. Si vous êtes un croyant, demandez-lui la permission de lui faire une prière. Tenez-le par la main et priez pour qu'il obtienne le réconfort, que la paix règne sur lui et que vous puissiez l'aider d'une manière ou d'une autre. Plusieurs chercheurs perçoivent la religiosité et la spiritualité comme des moyens d'adaptation potentiels aux pensées suicidaires . Le fait de prier avec votre parent peut lui procurer du réconfort et lui donner une raison de vivre.
    • Soyez bref. Il ne s'agit pas de se lancer dans une longue divagation. Il s'agit plutôt de (A) mettre la foi en pratique à un moment important pour un individu qui est dans le besoin et de (B) faire savoir à votre parent que vous l'aimez énormément et qu'il compte pour vous en lui offrant un cadeau très intime.
    • La prière peut avoir pour effet d'apaiser votre cœur et de vous amener à être plus confiant. Cela peut également aider votre parent à comprendre que votre foi vous aide à rester fort au moment où il ne peut pas l'être.
    • Soyez fier à l'idée d'être en train de faire votre possible pour venir en aide à votre parent pour qu'il bénéficie du soutien qu'il mérite.
  4. Parlez à un conseiller ou à un ami . Une assistance sociale au cours de ce moment pénible peut être précieuse. Vous avez peut-être besoin de quelqu'un qui peut vous encourager lorsque vous semblez avoir perdu espoir ou d'un psychologue pour clarifier vos émotions au sujet d'un parent qui a une tendance suicidaire. Si vous avez vous-même besoin d'aide, cherchez-en. Ne vous sentez pas obligé de mettre en avant votre bravoure. Le suicide effraie tout le monde.
  5. Soyez discret. Il est tout à fait normal, même nécessaire pour vous d'en parler à quelqu'un d'autre, mais veillez à ce que ce dernier soit digne de confiance et essayez de ne pas en parler à beaucoup de gens. Autrement, vous pouvez embarrasser votre parent ou faire pression sur lui pour qu'il se montre plus fort pour la famille, pour vous et pour les amis.

Gérer la manipulation affective

  1. Apprenez à repérer les signes de la manipulation émotionnelle. Il arrive qu'un parent puisse menacer de se suicider dans le but de vous terrifier ou de vous amener à faire ce qu'il veut. Même si ces menaces doivent toujours être prises au sérieux, vous devez aussi prendre des dispositions pour vous protéger sur le plan affectif. Vous pouvez reconnaitre la manipulation émotionnelle à l'aide des signes révélateurs comme Si, alors, bien qu'il puisse arriver qu'ils soient très subtils. Votre parent peut émettre des affirmations conditionnelles comme  :
    • si tu me laisses seul ici, je vais me suicider,
    • si je ne peux pas venir vivre avec toi, je pourrais bien mourir,
    • si tu m'aimes réellement et veux que je reste en vie, tu ne dois pas me traiter de la sorte.
  2. Exprimez vos préoccupations, mais fixez des limites. Faites savoir à votre géniteur que vous êtes désolé pour sa peine et que vous désirez l'aider, mais que vous n'accepterez pas d'être manipulé ou contrôlé avec des menaces. Faites cela poliment sans rien supposer et donnez suite effectivement à votre parole et sollicitez une assistance professionnelle .
    • Par exemple, dites Maman, je t'aime tant et je n'ai pas envie que tu te fasses du mal, mais tu ne peux pas venir vivre avec moi pour l'instant. Je ferai mon possible pour m'assurer que tu bénéficies de l'aide dont tu as besoin. Une affirmation pareille montre de la compassion. Toutefois, fixez des limites quant aux choses que vous ferez et celles que vous ne ferez pas.
  3. Ne cédez pas à ses exigences. Quelles que soient les menaces de votre parent, évitez d'essayer de vous justifier ou de céder à sa manipulation. Cela relancera seulement le cycle répété de menaces de sa part, toutes les fois que les choses ne se passent pas comme il le désire.
    • Restez ferme sur vos limites. Même si vous serez obligé de céder cette fois-ci, souvenez-vous que cela ne résoudra pas le problème affectif caché qui l'a poussé au début à menacer de se suicider en premier lieu.
    • Faites savoir à votre parent que vous vous inquiétez pour sa sécurité. Pour cela, s'il menace de se suicider, vous devez le prendre très au sérieux et composer le 112 pour qu'il reçoive le traitement adéquat. En fixant cette limite, vous vous mettez à l'abri des manipulations tout en vous assurant que votre parent reste en sécurité.
  4. Évitez de l'affronter. Essayez d'empêcher toute dispute ou tout affrontement. Vous n'êtes pas tenu de dire à votre parent que vous savez qu'il vous manipule. Cela ne fera qu'empirer la situation et vous détourner du fait de trouver une solution. Une lutte pour le pouvoir peut amener votre parent à essayer de se suicider, juste pour vous montrer qu'il était sérieux .
    • Une fois que vous avez identifié la manipulation émotionnelle qui sous-tend ces menaces autodestructrices, consultez un thérapeute pour vous et votre parent. Grâce à ses conseils, vous pourriez exprimer vos sentiments à propos du fait d'être manipulé dans un cadre sécurisé, sans craindre que votre parent tente de s'ôter la vie.
  5. Responsabilisez-le. Souvenez-vous que, quelle que soit la manière dont vous aimez, prenez soin de votre parent ou priez pour lui, vous n'avez pas la capacité de le maintenir en vie. Il n'y a que lui seul qui peut le faire. Il est injuste de la part de votre parent de mettre ce fardeau (sa vie et sa mort) sur votre tête .
    • Exprimez franchement vos préoccupations, tout en soutenant vos limites : papa, cela me fait mal de t'entendre dire que tu veux te suicider, mais malgré ce que je dis ou fais, cette décision te revient. Je ne peux pas t'empêcher de te faire du mal, mais je veux sincèrement que tu bénéficies de l'aide appropriée.

Conseils

  • Chaque ville dispose d'une ligne d'écoute. Connaissez les numéros de la vôtre. Vous pouvez les chercher sur Internet ou sur les pages jaunes. Appelez le 01 42 63 03 03 qui est une ligne d'écoute créée par l'Association France Dépression ou le 0 810 600 115 (cout d'un appel local) si vous êtes dans la France métropolitaine. Ils pourraient même vous mettre directement en contact avec votre ligne d'écoute locale.
  • Essayez de rester discret. Des fois, il est bien d'informer la famille de la situation, mais veillez à ce que cela ne pose pas de problème à votre parent.

Avertissements

  • Vous n'avez pas le pouvoir de sauver votre parent. Vous pouvez seulement vous faire du souci pour lui et tout mettre en œuvre pour lui dire que vous le comprenez. Vous pouvez obtenir l'aide d'un professionnel et être à ses côtés, mais il est impossible que vous vous mettiez entre votre parent et son intention de s'ôter la vie, s'il est déterminé à s'autodétruire. Si vos efforts sont vains, ne vous condamnez pas et ne vous mettez pas à faire des suppositions.
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