Comment gérer l'hypocondrie

L'hypocondrie est un trouble qui amène une personne à mal interpréter des sensations corporelles normales ou de petits problèmes de santé et à croire qu'elle souffre d'une maladie grave. Cela n'est plus considéré comme une maladie en soi, mais plutôt comme le symptôme d'autres troubles comme un trouble de l'anxiété ou un trouble somatoforme. Si vous ne vous en occupez pas, l'hypocondrie peut réduire de beaucoup votre qualité de vie. Avec une bonne organisation et des soins appropriés, vous pouvez éviter que cela se produise.

Changer sa façon de penser

  1. Demandez une thérapie. Faites-vous aider par un professionnel qui vous permettra de travailler sur vos problèmes. Les personnes qui souffrent d'hypocondrie peuvent parfois avoir des problèmes d'anxiété sous-jacents ou une dépression qui une fois traités peuvent les aider à surmonter leur peur des maladies. Un thérapeute peut aussi les aider à déterminer la cause de leurs peurs et travailler avec eux dans un environnement sûr.
    • Faites une recherche en ligne pour trouver un psychologue qualifié.
    • Un thérapeute pourra vous aider en utilisant différents types de thérapies, par exemple la thérapie cognitivo-comportementale.
  2. Pensez à ce que vous tenez pour vrai. Une des causes de l'hypocondrie est une incompréhension du fonctionnement des sensations corporelles ou des signaux de douleur. Cette incompréhension ou ce manque de connaissances peut mener certaines personnes à mal interpréter leurs signaux corporels et à les voir plus graves qu'ils ne sont.
    • Demandez-vous ce que vous avez appris à propos de votre corps et de votre cerveau. Si vous n'en avez pas appris beaucoup, une des façons de surmonter l'hypocondrie pourrait être d'en apprendre plus sur les sensations corporelles de base.
  3. Renseignez-vous à propos des sensations corporelles normales. Renseignez-vous sur les sensations corporelles normales pour ne pas avoir peur d'attraper une maladie grave lorsque vous les ressentez. Il peut être utile de demander à vos amis ou à votre partenaire de vous décrire les sensations qu'ils ont parfois.
    • Par exemple, vous pourriez demander à vos amis s'ils ont déjà eu des palpitations cardiaques (par exemple la sensation que leur cœur se met à battre plus vite ou qu'il saute un battement). Vous allez probablement trouver des gens qui ont déjà eu cette sensation auparavant, car les palpitations cardiaques sont un phénomène commun.
    • En plus, vous pourriez utiliser ce site Internet qui vous montre le type de sensations que les gens ressentent en général lorsqu'ils ressentent certaines émotions : http://www.pnas.org/content/111/2/646.full.
  4. Réduisez votre besoin de vérifier vos sensations. Vous pourriez vous rendre compte que vous vérifiez souvent pendant la journée vos sensations physiques pour détecter une éventuelle maladie. Mettez en place un plan sur une semaine pour réduire graduellement le nombre de vérifications que vous faites pour qu'à la fin de cette semaine, vous ne vérifiiez pas vos sensations plus de deux ou trois fois par jour.
    • Par exemple, le premier jour, vous pourriez vous autoriser à vérifier trente fois vos sensations, le deuxième jour, vous pouvez passer à 22 fois, le troisième jour à quatorze fois, puis continuez de réduire ce nombre jusqu'à ce que vous arriviez à la fin de la semaine.
  5. Arrêtez d'essayer de vous rassurer. Si vous demandez à vos amis ou à votre famille de vous rassurer que vous n'êtes pas malade et si cela ne soulage pas vos inquiétudes, il vaudrait mieux que vous arrêtiez ce comportement. Il pourrait en fait se retourner contre vous et provoquer encore plus d'inquiétudes.
    • Vous pourriez demander aux autres de vous rassurer de plus en plus souvent pour en tirer des avantages sous forme de réduction de votre anxiété, ce qui va ramener en permanence vos inquiétudes à la surface de votre esprit.
    • Si vos proches vous demandent en permanence comment vous allez ou s'ils vérifient souvent que vous allez bien et si cela vous dérange dans votre entreprise de réduction de votre anxiété, faites-le-leur savoir gentiment.
    • Vous pouvez leur dire : « j'apprécie beaucoup que tu te fasses du souci à propos de moi, mais j'essaye de diminuer mes inquiétudes à propos de mon état de santé, c'est pourquoi il serait vraiment utile pour moi si tu ne me demandais comment je vais qu'une fois par semaine ».
  6. Essayez la relaxation musculaire progressive. Une des façons les plus efficaces de réduire le stress et d'améliorer son bien-être est une technique appelée relaxation musculaire progressive. Cela peut vous aider à réduire votre niveau d'anxiété de manière plus importante et vos inquiétudes de maladie en particulier. Voici comment faire la relaxation musculaire progressive.
    • Prenez quinze minutes pour vous mettre au calme.
    • Fermez les yeux et détendez votre corps.
    • Contractez un certain groupe de muscles en les pliant ou en les tendant pendant environ cinq secondes. Faites attention de ne pas les contracter trop fort pour ne pas vous faire mal.
    • Détendez rapidement les muscles tendus tout en expirant.
    • Il est très important de vous concentrer sur la différence de sensations entre les muscles contractés et les muscles détendus.
    • Après être resté dans cet état détendu pendant environ quinze secondes, recommencez le processus avec les autres groupes de muscles.
  7. Envisagez les médicaments. Même si on ne prescrit généralement pas de médicaments pour traiter l'hypocondrie, elle a tendance à être associée à la dépression ou à des troubles de l'anxiété qui peuvent être traités avec des médicaments. Ces médicaments pourraient alors indirectement améliorer les symptômes de l'hypocondrie. Si vous pensez qu'un traitement pour la dépression ou l'anxiété pourrait vous être utile, expliquez la situation à votre médecin.
    • Votre médecin pourrait décider de vous prescrire un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine pour vous aider.
    • Assurez-vous de toujours consulter votre médecin avant de commencer, d'arrêter ou de changer la façon dont vous prenez un médicament.

Changer de comportement

  1. Restez occupé. Si vous avez tendance à l'hypocondrie, ne vous donnez pas le temps de vous demander si vous avez ou non une maladie grave. À la place, gardez votre esprit occupé avec des tâches et des objectifs que vous vous êtes fixés vous-même. Des études ont montré que les gens occupés ont tendance à être plus heureux que les gens moins occupés. Voici ce que vous pourriez essayer si vous avez du mal à rester occupé.
    • Donnez de votre temps et devenez bénévole.
    • Commencez un nouveau passe-temps comme la peinture ou la couture.
    • Jouez à des jeux vidéos ou regardez un épisode de votre série télévisée préférée.
    • Trouvez-vous un petit boulot à temps partiel.
  2. Évitez de rechercher les symptômes sur Internet. En vérifiant les symptômes que vous présentez sur Internet, vous n'allez que renforcer vos peurs et vous allez vous sentir encore plus anxieux. Les symptômes ne sont pas souvent spécifiques à une seule maladie et pourraient signifier de nombreuses choses. En règle générale, les causes les plus communes des symptômes que vous pourriez présenter seront les symptômes que vous présentez, parce que c'est d'un point de vue statistique plus probable. Cependant, si vous passez beaucoup de temps à faire des recherches sur Internet pour chaque petit mal de tête, vous pourriez tirer de mauvaises conclusions.
    • Par exemple, il existe de nombreuses causes aux maux de tête et la plupart d'entre elles sont inoffensives. Cependant, si vous lisez que les tumeurs au cerveau s'accompagnent de maux de tête, vous pourriez vous faire peur. Une fois de plus, le risque que vos maux de tête indiquent une tumeur au cerveau est extrêmement faible.
  3. Prenez du temps pour vous inquiéter. N'essayez pas de ne pas y penser. Plus vous essayez de ne pas penser à quelque chose et plus vous allez y penser. Prenez plutôt 30 minutes par jour, lorsque vous êtes de bonne humeur et bien détendu, pour faire la liste des symptômes et trouver des explications rationnelles et irrationnelles.
    • Vous allez peut-être devoir essayer plusieurs moments différents avant de trouver celui qui vous convient. Par exemple, il vaudrait mieux que vous ne vous fassiez pas de soucis le matin pour pouvoir continuer votre journée et vous pourriez trouver un plus grand soulagement en prenant le temps de le faire à la fin de la journée.
  4. Trouvez-vous un bon médecin généraliste. En changeant de médecins fréquemment, vous allez simplement vous retrouver avec des diagnostics différents, vous allez passer de nombreuses analyses et vous aurez des avis différents. Au lieu de cela, trouvez-vous un médecin en qui vous pouvez avoir confiance, qui a déjà traité des proches ou des amis et qui a de bons commentaires en ligne.
    • Il pourrait être utile de renseigner votre médecin à propos des choses qui vous font le plus peur chaque fois que vous êtes malade ou blessé, qu'elles soient réelles ou non.
    • Demandez à votre médecin s'il vous conseille de consulter un spécialiste au lieu d'en chercher un vous-même. Votre médecin a probablement reçu une formation adéquate pour décider si vous devez ou non consulter un spécialiste.
    • Prenez rendez-vous avec votre médecin généraliste lorsque cela est nécessaire. Assurez-vous de lui expliquer les symptômes et les inquiétudes que vous avez et demandez-lui s'il vaut la peine de prendre rendez-vous.
  5. Restez en bonne santé. Ne vous donnez pas de raisons de penser que vous pourriez être malade ou que vous pourriez tomber gravement malade dans le futur. En plus, si vous avez un style de vie malsain, vous allez vous sentir mal en général et vous pourriez prendre ces sensations pour des symptômes de maladies. Voici comment prendre soin de son corps.
    • Dormez entre sept et neuf heures par nuit ou le nombre d'heures qui vous permet de vous sentir bien reposé.
    • Faites beaucoup d'exercice, au moins 30 minutes par jour cinq jours par semaine.
    • Suivez un régime alimentaire équilibré composé de fruits et de légumes, de pain, de pâtes ou de pommes de terre, de protéines comme les viandes, les poissons, les œufs ou les haricots, des produits laitiers et une petite quantité d'aliments riches en graisse et en sucre.
    • Évitez les habitudes malsaines comme la consommation excessive d'alcool ou de caféine.
      • Essayez de ne pas boire plus de six verres de vin par semaine et étalez-les sur toute la durée de la semaine.
      • Essayez de ne pas boire plus de quatre tasses de café par jour.
    • Évitez de fumer, c'est une habitude très malsaine.
  6. Augmentez progressivement les comportements que vous évitez. Vous pourriez éviter certains comportements parce que vous pensez que vous allez tomber malade ou que vous pourriez mourir. Par exemple, si vous vous inquiétez beaucoup d'avoir une crise cardiaque, vous pourriez éviter de faire de l'exercice ou d'avoir des rapports sexuels. Pour surmonter l'anxiété provoquée par une éventuelle maladie, vous devez augmenter graduellement votre participation aux exercices que vous évitez. Lorsque vous faites ces exercices et que vous ne souffrez pas de conséquences négatives, vous arriverez à vous convaincre qu'il n'y a rien à craindre.
    • En commençant petit à petit, vous démarrez en faisant face à un risque minime pour que la tâche ne vous semble pas trop effrayante. Par exemple, si vous avez peur de faire de l'exercice parce que vous pensez que vous allez faire une crise cardiaque, vous pourriez commencer par une marche légère. Le jour suivant, vous pouvez accélérer le rythme de la marche. Le jour d'après, vous pouvez trottiner pendant trois minutes. Le jour suivant, courez à une allure raisonnable pendant cinq minutes, etc.

Conseils

  • Faites quelque chose que vous aimez pour garder votre cerveau occupé. De cette façon, vous ne penserez pas aux maladies.
  • Si l'hypocondrie a des conséquences trop importantes dans votre vie, vous pourriez en discuter avec votre médecin. Il pourrait vous conseiller un psychologue ou un psychiatre ou vous prescrire des médicaments contre l'anxiété.
  • Parfois, l'hypocondrie peut être un effet secondaire de quelque chose d'autre comme la dépression ou l'anxiété, c'est pourquoi vous devez vous assurer d'en discuter avec votre médecin si vous pensez que c'est votre cas.
  • N'ayez pas peur de demander de l'aide. Il n'y a pas de mal à se rendre chez un psychologue ou à prendre des médicaments si cela vous aide à vivre votre vie sans vous inquiéter en permanence de tomber malade.
Information
Les membres de Guests ne peuvent laisser de commentaires.