Comment diagnostiquer un lupus

Le lupus toucherait environ 20 000 personnes en France, mais ce nombre n'est pas assuré dans la mesure où le lupus présente des symptômes qui ressemblent à ceux d'autres pathologies . Il est toujours mieux de savoir si on est malade afin de se soigner. Il est plus ou moins facile de repérer un lupus. Il y a certes des symptômes, mais il faut souvent des examens complémentaires. En sachant quelles sont les causes d'un lupus, vous pourrez éviter d'en développer un, encore que les choses sont loin d'être aussi simples.

Reconnaitre les symptômes du lupus

  1. Repérez une plaque rouge (érythème) en forme d'ailes de papillon. Environ 30 % des personnes ayant un lupus présentent cette éruption cutanée spécifique (dite « malaire »). Elle se localise sur le haut des joues et à la racine du nez. Parfois, tout le bas du visage est touché, et le haut du visage peut lui aussi être atteint avec un érythème qui va jusqu'aux yeux .
    • Repérez aussi une éruption de lupus discoïde sur le visage, le cuir chevelu et le cou. Ces éruptions sont plutôt rouges et assez étendues. Quand elles disparaissent, elles laissent des cicatrices assez marquées.
    • Ne négligez pas une éruption cutanée qui semble causée par le soleil ou qui s'étend à cause de lui. Une sensibilité aux rayonnements ultraviolets, d'origine naturelle ou non, peut déclencher des lésions cutanées sur les zones exposées et prendre l'aspect très caractéristique d'ailes de papillon sur le visage. À la différence d'un coup de soleil ordinaire, cette éruption cutanée est plus marquée et s'étend bien plus rapidement.
  2. Voyez si vous avez des ulcérations buccales ou nasales. Des ulcérations sur le palais, sur les côtés de la bouche, sur les gencives ou dans le nez sont des signes qui doivent vous alerter. En fait, on les appelle « ulcérations », mais celles du lupus présentent cette particularité de ne pas être douloureuses, d'où l'attention que vous devez leur porter .
    • Si ces ulcérations s'aggravent à la lumière du jour, le diagnostic de lupus est encore plus évident. On parle alors de « photosensibilité ».
  3. Repérez toute inflammation. Chez les personnes souffrant d'un lupus, on note souvent une inflammation des articulations, des poumons et de la paroi du cœur. Souvent également, on note une inflammation des parois des vaisseaux sanguins . En cas de lupus, les inflammations et les œdèmes se situent principalement au niveau des pieds, des jambes, des mains et des yeux .
    • En cas d'inflammation des articulations, on a des symptômes assez proches de ceux de l'arthrite, c'est-à-dire que la zone articulaire a augmenté de volume, est légèrement rouge et chaude au toucher, elle est également sensible au toucher.
    • Toute inflammation au niveau du cœur ou des poumons est ressentie sous forme d'une douleur dans la poitrine. Si vous ressentez une douleur aigüe quand vous toussez ou quand vous inspirez profondément, elle doit être considérée comme un symptôme possible du lupus, surtout si elle s'accompagne d'un essoufflement.
    • Une inflammation du cœur ou des poumons peut se signaler respectivement par une arythmie et une expectoration de sang .
    • Quand l'inflammation touche le système digestif, on voit d'autres symptômes, comme des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements.
  4. Surveillez vos urines. Certes, il n'est pas très facile de détecter une anomalie dans les urines, mais il est des signes qui doivent vous alerter. Ainsi, lorsqu'un rein est incapable d'assurer son rôle de filtrage, vous avez les pieds qui se mettent à gonfler. Quand les reins sont atteints, vous ressentez des nausées ou une grande faiblesse .
  5. Repérez tout problème cérébral ou nerveux. Un lupus peut affecter le système nerveux. Les symptômes sont souvent banals : de l'anxiété, des maux de tête ou des problèmes de vision. Difficile de penser à un lupus ! Cependant, il peut y avoir des convulsions et des modifications de la personnalité qui, elles, sont des symptômes alarmants .
    • Les maux de tête sont fréquemment présents avec un lupus, mais il est toujours difficile de les attribuer à cette maladie, le mal de tête étant un symptôme très courant.
  6. Voyez si vous êtes plus fatigué que d'habitude. Le lupus se caractérise souvent par une très grande fatigue, laquelle s'explique par un grand nombre de facteurs. Les maladies graves, dont fait partie le lupus, entrainent souvent une telle fatigue. Si de surcroit cette fatigue s'accompagne d'autres symptômes du lupus, le diagnostic différentiel s'affine beaucoup, en faveur de cette pathologie .
  7. Repérez tout symptôme un peu étrange. Un lupus peut entrainer un changement de couleur des doigts ou des orteils en période de froid : ils deviennent très blancs ou virent au bleu (« phénomène de Raynaud »). On note aussi une certaine sècheresse des yeux et un essoufflement sans effort. Si tous ces symptômes surviennent en même temps, il y a une forte probabilité pour que vous ayez un lupus .

Diagnostiquer un lupus

  1. Préparez votre rendez-vous avec le médecin. Pour diagnostiquer un lupus, vous devez faire appel en priorité à votre généraliste, lequel vous dirigera ensuite vers un spécialiste du lupus. Les choses doivent se faire dans l'ordre, il faut commencer par prendre rendez-vous chez votre généraliste .
    • En vue de votre rendez-vous, notez tous les symptômes que vous avez eus, quand ils ont commencé et leurs manifestations. Notez également tous les médicaments et les suppléments que vous avez pris pris (noms, dates, quantités) .
    • S'il y a dans votre famille des cas de lupus ou de maladies auto-immunes, signalez-le. Ainsi informé, votre médecin perdra moins de temps et pourra éventuellement orienter plus rapidement son diagnostic de lupus.
  2. Préparez-vous à passer une recherche d'anticorps antinucléaires (AAN). Les AAN sont des anticorps qui s'attaquent principalement aux protéines du corps, et on les trouve chez les patients qui ont développé un lupus actif. La lecture de cette recherche se fait sur écran grâce à la fluorescence. Cependant, il est possible d'avoir un lupus et d'obtenir un faux négatif au test. D'autres examens sont nécessaires pour diagnostiquer définitivement un lupus .
    • À l'inverse, une recherche AAN positive peut indiquer une sclérodermie, un syndrome de Gougerot-Sjögren ou toute autre maladie auto-immune.
  3. Apprêtez-vous à passer un hémogramme. C'est un examen qui consiste à compter le nombre de globules rouges et blancs, de plaquettes et à mesurer le taux d'hémoglobine de l'échantillon. Certaines anomalies dans les résultats pourront faire pencher le diagnostic vers un lupus. Un manque de globules rouges (anémie) est assez caractéristique, avec d'autres symptômes, d'un lupus .
    • Notez que cet examen ne permet pas à lui seul de poser le diagnostic de lupus. Bien d'autres pathologies présentent ces mêmes anomalies.
  4. Sachez qu'on va calculer votre vitesse de sédimentation (VS). Il s'agit là d'une mesure qui vise à savoir à quelle vitesse les globules rouges d'un échantillon tombent au fond du tube à essai. Une vitesse de sédimentation élevée peut faire penser à un lupus, mais il est d'autres pathologies (inflammations, cancers, infections) qui entrainent une vitesse de sédimentation élevée. Cette dernière n'est donc pas totalement contributive .
    • La prise de sang se fait soit en laboratoire soit à la maison en faisant venir une infirmière.
  5. Sachez qu'il existe d'autres analyses de sang. Il n'existe pas d'analyse de sang standard pour diagnostiquer directement un lupus, aussi les médecins commandent-ils un certain nombre de contrôles sur le sang prélevé. Si quatre des résultats sur les onze significatifs apparaissent, alors sera posé un diagnostic de lupus . S'il les estime contributifs, votre médecin pourra demander d'autres examens .
    • Il pourra demander un test d'anticorps antiphospholipides (aPL) qui permet de détecter certains anticorps qui attaquent les phospholipides (anticorps antiphospholipides), lesquels anticorps sont détectables chez 30 % des patients ayant un lupus.
    • Il pourra demander une recherche d'anticorps anti-SM. Cet anticorps attaque la protéine Sm qui se trouve dans le noyau de la cellule et on les détecte chez 30 à 40 % des patients atteints de lupus. Comme ces anticorps sont extrêmement rares chez les personnes saines, un résultat positif à cette recherche oriente très rapidement, et presque à coup sûr, vers un diagnostic de lupus.
    • Un test anti-ADNdb pourra être fait. L'anti-ADNdb est une protéine qui attaque l'ADN double brin. Un peu moins de la moitié des patients ayant un lupus présente cette protéine dans le sang. Elle est rarissime chez les patients sains, ce qui fait de ce test un bon marqueur du lupus.
    • Une recherche des anticorps anti-Ro/SSA et anti-La-SSB pourra être demandée. Ces anticorps attaquent à certaines protéines constitutives de l’ARN du sang. Ils sont également présents chez les patients atteints du syndrome de Gougerot-Sjögren.
    • Un dosage de la protéine C réactive (CRP). Cette protéine, produite dans le foie et libérée dans le sang, indique qu'il y a une inflammation, mais là encore, d'autres pathologies entrainent l'apparition de cette protéine.
  6. Faites une analyse des urines. Les tests urinaires permettent d'affiner le diagnostic de lupus et de savoir, en cas de résultats probants, dans quel état sont les reins. Au laboratoire, on vous demandera pour analyse un échantillon d'urine. Cette analyse a pour objectif de déceler la présence de certaines protéines et des hématies .
  7. Attendez-vous à en passer par de l'imagerie médicale. En cas de suspicion d'atteinte du cœur ou des poumons, votre médecin pourra recourir à l'imagerie. Il pourra ainsi demander une simple radiographie thoracique pour voir vos poumons. Une échocardiographie peut également être prescrite : c'est une échographie du cœur .
    • Une radiographie thoracique permettra de mettre en évidence des ombres aux poumons, lesquelles sont le signe soit de la présence d'un liquide soit d'une inflammation.
    • Un échocardiogramme utilise des ondes sonores (ultrasons) pour tracer une image de votre cœur. Il permet de voir comment bat votre cœur et s'il y a un problème.
  8. Attendez-vous à devoir faire une biopsie. En effet, si le médecin pense que votre lupus a endommagé vos reins, il pourra demander une biopsie (prélèvement d'un petit morceau de tissu) des reins. Après analyse, le médecin peut mesurer ainsi l'étendue du problème. Partant de ces résultats, il pourra, s'il y a des possibilités, lancer un traitement adapté .

En savoir plus sur le lupus

  1. Sachez ce qu'est un lupus. C'est une maladie auto-immune, c'est-à-dire que c'est le système immunitaire qui s’attaque aux cellules de l’organisme et les détruit. Le lupus concerne essentiellement le cerveau, la peau, les reins ou les articulations . Le lupus est chronique, ce qui signifie qu'il est là pour longtemps. Le système immunitaire en attaquant une partie du corps crée une inflammation .
    • Un lupus ne se guérit pas, mais on peut soigner ses symptômes.
  2. Sachez qu'il y a trois types de lupus. Quand on parle avec les gens de lupus, cela fait référence le plus souvent au lupus érythémateux systémique (ou disséminé). Ce dernier touche surtout la peau, mais aussi certains organes, comme les reins, les poumons ou le cœur. Pour les deux autres lupus, citons le lupus discoïde érythémateux et le lupus médicamenteux .
    • Le lupus discoïde érythémateux ne touche que la peau, les organes sont épargnés. Il n'évolue que très rarement en lupus érythémateux systémique.
    • Le lupus médicamenteux peut affecter la peau, mais aussi certains organes. Il ne se développe qu'après absorption de certains médicaments. Généralement, quand le médicament coupable est identifié et arrêté, le lupus disparait. C'est un lupus dont les symptômes sont assez modérés.
  3. Identifiez les causes de votre lupus. C'est une maladie encore mal connue, mais les nombreuses études ont réussi, semble-t-il, à cerner son étiologie. Le lupus a des causes génétiques et environnementales. Dit autrement, le lupus se développe chez des personnes qui ont une prédisposition à avoir cette maladie, l'environnement semble faire le reste .
    • On sait aujourd'hui que certains médicaments, certaines infections et une exposition au soleil peuvent déclencher un lupus.
    • Un lupus peut être déclenché par des sulfamides (médicaments photosensibilisants), de la pénicilline et certains autres antibiotiques .
    • Un lupus peut se déclencher quand le corps est affaibli, comme lors d'un simple rhume, d'une banale infection virale, lors d'un épisode de fatigue, d'une blessure ou même d'un choc émotionnel.
    • Il semble que les rayons ultraviolets du soleil, mais aussi artificiels, peuvent déclencher un lupus.

Conseils

  • Essayez d'en apprendre plus sur votre famille. Il a été dit plus haut qu'il y avait une prédisposition génétique au lupus. S'il y a (ou a eu) des cas de lupus, vous êtes plus à risque que d'autres personnes. Peut-être serez-vous épargné, mais au moins vous êtes averti. Dès lors, tout symptôme qui apparaitra devra vous amener à consulter.

Avertissements

  • Si vous pensez avoir un lupus, même si les symptômes sont peu nombreux, prenez rapidement rendez-vous avec votre médecin. Il peut évoluer très vite et devenir très grave, c'est pourquoi il vaut mieux le prendre à temps.
Cet article contient des informations médicales ou des conseils pouvant affecter votre santé. Avant de mettre en pratique les conseils de ce wikiHow, parlez-en de préférence à votre médecin ou à un spécialiste. Si les symptômes persistent plus de quelques jours, allez voir un professionnel de la santé. Lui seul est apte à vous fournir un avis médical, quelle que soit votre condition. S'il s'agit d'un jeune enfant, consultez un pédiatre sans attendre.Le numéro des urgences médicales européen est le : 112Vous retrouverez les autres numéros des urgences médicales pour de nombreux pays en cliquant ici.
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