Comment être un bon tuteur

Devenir le tuteur d'un ou plusieurs élèves est une grande responsabilité, mais c'est également une expérience extrêmement enrichissante. Cependant, pour être un bon tuteur, il ne vous suffira pas d'en savoir long sur un sujet. Pour aider les élèves à atteindre tout leur potentiel, vous devrez évaluer les besoins et les objectifs de chacun, individuellement. Alors que vous lui consacrerez toute votre attention, n'importe quel enfant pourra améliorer sa compréhension de sujets difficiles.

Évaluer les besoins d'un élève

  1. Faites le point sur ses connaissances. Lorsque vous rencontrez tout juste un élève, vous devrez commencer par évaluer ses acquis, afin de ne pas perdre de temps lors de vos séances de tutorat. Demandez à l'élève quelles sont les matières pour lesquelles il est doué et ce qu'il aime dans la matière que vous allez devoir travailler. Laissez-le parler librement du sujet afin de comprendre l'étendue de ses connaissances. L'élève s'en sentira valorisé, il prendra confiance en lui et vous aurez une meilleure idée de ses acquis et de ses lacunes.
  2. Demandez-lui quelles sont les matières dans lesquelles il rencontre des difficultés. Les élèves sont généralement bien conscients de leurs faiblesses. Ils savent à quels genres de questions ils ne parviennent pas à répondre lors des quizz et quels cours ne leur parlent pas du tout. Laissez le jeune vous expliquer les sujets et matières qu'il ne comprend pas et faites-en une liste dont vous vous servirez plus tard.
  3. Travaillez ensemble à établir des objectifs . Établissez à la fois des objectifs importants et des objectifs mineurs, qui pourront être atteints dans un laps de temps raisonnable. Par exemple, un élève pourrait ne pas être capable de relever ses notes de maths en un mois, mais il pourra probablement y parvenir en 3 mois. Les objectifs plus petits devront être à atteindre en un temps plus court. L'élève devra par exemple écrire un résumé d'article en 150 mots, avant la fin de la séance de tutorat.
    • Notez les objectifs sur une feuille, afin que l'élève puisse les suivre. En lui donnant la responsabilité d'avancer vers ses objectifs, il s'impliquera davantage et fera des progrès.
  4. Suivez les progrès de l'élève. Faites un graphique qui vous permette, à vous et à l'élève, d'évaluer les progrès que celui-ci fait, lors de vos séances et en cours. Ce graphique pourra présenter :
    • les notes de chaque contrôle
    • la moyenne générale de chaque matière
    • les progrès réalisés vers les objectifs fixés ensemble
    • votre évaluation des efforts de l'élève
    • votre évaluation de la compréhension des concepts par votre élève
    • Célébrez les progrès réalisés en félicitant largement votre élève ! Si les notes de l'élève ne s'améliorent pas, mais que vous remarquez des efforts importants de sa part, votre graphique lui permettra de ne pas se décourager, alors que ses efforts seront reconnus.

Structurer vos séances de tutorat

  1. Commencez la séance en posant à votre élève des questions sur les sujets abordés lors de la dernière séance. Avant d'aborder de nouveaux sujets, assurez-vous que le jeune maitrise les sujets déjà étudiés. Posez-lui une ou deux questions ouvertes, afin que l'élève puisse vous montrer ce qu'il a compris du cours précédent. S'il rencontre des difficultés, vous devrez revenir sur les sujets précédents avant d'avancer dans le programme. Laissez aussi l'élève vous poser ses questions concernant les sujets du dernier cours.
  2. Aidez votre élève à faire ses devoirs. Votre élève devra vous tenir informé des projets et dissertations demandés par ses professeurs dès que ces tâches lui sont demandées. Divisez chaque devoir en plusieurs petites parties, que l'élève travaillera une par une. Le devoir de votre élève sera ainsi de meilleure qualité et vous lui apprendrez également à gérer son temps efficacement.
    • Si les professeurs fournissent un programme de révision à suivre, organisez vos séances de tutorat autour des sujets qui doivent être étudiés.
  3. Centrez chaque séance autour d'un objectif spécifique. En fonction des besoins de l'élève, vous pourriez travailler sur une rédaction ou un exposé ou réviser des concepts vus en cours. Après avoir révisé les sujets précédemment abordés, précisez à l'élève ce que vous allez faire au cours de la séance. Veillez à ce que les objectifs fixés soient réalistes :
    • « aujourd'hui, nous allons travailler sur l'articulation de cette dissertation. Nous allons prendre tes idées et les organiser afin de construire un plan, »
    • « aujourd'hui, nous allons étudier le réseau des Forces Alliées au cours de la Seconde Guerre mondiale. La prochaine fois, nous travaillerons sur les pays de l'Axe, »
    • « aujourd'hui, nous allons reprendre tous les problèmes que tu n'as pas su résoudre lors de ton dernier contrôle de maths et trouver ensemble les solutions. Nous ferons ensuite de nouveaux problèmes sur le même concept. »
  4. Donnez à l'élève une chance de réussir . S'il est important d'avancer vers un objectif, il est crucial de ne pas décourager l'élève en mettant la barre trop haut. Vous devrez, au cours de chaque séance, proposer à l'élève des exercices qu'il saura faire. Vous évoluerez alors peu à peu vers des exercices plus difficiles.
    • Si l'élève n'atteint pas le niveau que vous attendiez, n'abandonnez pas ! Répétez l'exercice jusqu'à ce que le jeune parvienne à le faire seul. Une fois qu'il y arrive, félicitez-le pour sa persévérance.
  5. Laissez l'élève faire des pauses. Ces pauses ne devront pas dépasser 5 minutes. En travaillant trop longtemps sans s'arrêter, l'élève s'épuisera et ne parviendra plus à se concentrer. Une pause de 5 minutes sera juste assez longue pour que le jeune repose son esprit, sans perdre le fil de son travail.
  6. Adaptez-vous aux besoins de l'élève . Vous avez certes établi des objectifs, mais votre élève pourrait tout de même s'épuiser à la longue. Si votre élève semble fatigué ou de mauvaise humeur lors d'une séance, n'hésitez pas à changer vos habitudes pour lui redonner le moral. Par exemple, si le cours que vous donnez est un cours de langue, vous pourriez de temps en temps proposer à votre élève de traduire des chansons au lieu de faire des exercices de conjugaison. Vous pourriez aussi regarder avec lui des dessins animés dans cette langue et voir si l'élève arrive à suivre l'histoire.
  7. Adaptez votre méthode d'enseignement à la méthode d'apprentissage de l'élève . Tous les enfants n'apprennent pas de la même façon. Certains élèves travaillent mieux seuls, il suffira alors de leur impartir un temps dans lequel réaliser les tâches. D'autres apprennent mieux en groupe et feront davantage de progrès en travaillant avec vous à la résolution d'un problème.
    • Les élèves « oraux » apprennent le mieux grâce aux explications verbales et il faut alors leur expliquer les concepts. Les élèves « verbaux » ont besoin d'expliquer les concepts par eux-mêmes. Vous devrez alors savoir les écouter.
    • Les élèves « physiques » ou « tactiles » ont besoin de travailler avec leurs mains. Si vous étudiez l'anatomie, apportez des modèles en 3D ou bien de l'argile avec laquelle ils pourront façonner les organes du corps.
    • Les élèves « visuels » auront le plus souvent besoin de supports graphiques, comme des images, des graphiques ou des vidéos éducatives.
  8. Terminez chaque séance sur une note positive . Ce n'est pas parce que la séance de tutorat est terminée que l'élève n'a plus de travail pour la semaine. Indiquez-lui clairement ce que vous attendez de lui pour la prochaine fois. S'il n'a pas pu finir tout son travail au cours de la séance, demandez-lui de le faire pour la prochaine fois. Et si vous avez prévu une activité amusante pour le cours prochain, informez-en votre élève, afin qu'il attende la séance prochaine avec impatience.

Construire une relation

  1. Construisez une relation personnelle avec votre élève . Votre rôle est d'aider votre élève à faire de son mieux à l'école. Pour cela, vous devrez être pour lui à la fois un tuteur, un ami, un supporteur. En établissant un lien personnel avec votre élève, vous le motiverez plus facilement à faire des efforts et à réussir.
    • Discutez avec votre élève de son ressenti. Les élèves qui ont des difficultés scolaires en ont parfois vraiment honte. En surmontant ces difficultés, ils gagnent alors confiance en eux. Réconfortez votre élève lorsqu'il traverse un moment difficile et célébrez ses réussites avec lui.
    • Partagez avec votre élève vos propres expériences d'échec et la façon dont vous les avez surmontées.
    • Découvrez quelles sont ses passions, afin de pouvoir rendre vos cours plus intéressants. Les opérations mathématiques sont par exemple à priori très ennuyeuses, mais un problème de maths mettant en scène des dinosaures piquera l'intérêt d'un enfant passionné par ces créatures.
  2. Adaptez votre communication au style de l'élève. Parlez à l'élève dans son propre langage. S'il est très timide, vous ne pourrez par exemple pas l'ignorer ! Peut-être que cet élève préfèrera alors communiquer avec vous entre deux cours et vous poser ses questions par email. Certains élèves ont en effet du mal à poser des questions en personne, même s'ils ont vraiment besoin de réponses.
  3. Arrivez à chaque séance de bonne humeur. Votre élève se laissera gagner par votre enthousiasme. De la même façon, si vous vous montrez fatigué ou agacé, votre élève sera découragé. Pour cela, arrivez toujours avec le sourire et amenez ainsi l'élève à s'impliquer davantage dans la leçon.
  4. Comportez-vous comme un guide plutôt que comme un professeur . Le rôle de tuteur est différent de celui de professeur. Les professeurs doivent travailler avec de nombreux enfants à la fois et être des figures d'autorité qui transmettent le savoir. Les tuteurs travaillent avec un seul enfant à la fois et sont plus un « grand frère » qu'une figure d'autorité. Vous serez seul avec l'élève et n'aurez alors pas à débiter un cours. Laissez l'élève s'impliquer dans son apprentissage et guidez-le vers ses objectifs.
    • Posez beaucoup de questions. Au lieu de faire un cours magistral à votre élève, posez-lui des questions ouvertes qui le forceront à arriver de lui-même à une conclusion, grâce à un raisonnement que vous l'aiderez à construire.
  5. Laissez l'élève se passionner pour le sujet. Si vous devez soutenir l'enfant pour qu'il atteigne ses objectifs, n'hésitez pas à lâcher du lest. Si, alors que vous étudiez la Première Guerre mondiale, votre élève a envie de faire des recherches sur une bataille sans importance, mais spectaculaire, laissez-le faire, même si cela prend une séance complète. Un tuteur devra laisser la curiosité naturelle de l'enfant grandir, au lieu de chercher à la brider. L'enthousiasme de l'enfant l'aidera à faire des progrès.
  6. Communiquez clairement avec les parents et les professeurs de l'enfant. Sans leur aide, vous ne pourrez pas axer vos séances autour des thèmes que l'enfant doit étudier pour l'école. Parler avec les parents et les professeurs de l'enfant est tout spécialement important si l'élève est très jeune. Si un lycéen peut vous expliquer précisément ce qu'il étudie en cours, un élève de CP n'en sera pas capable.
    • Contactez régulièrement les parents et les professeurs de l'élève.
    • Vous pourriez pouvoir parler avec les parents de l'enfant chaque fois que vous venez chez lui pour un cours.
    • Vous pourriez décider avec le professeur de lui faire un compte rendu le premier lundi de chaque mois, afin de vous tenir au courant de ce que l'enfant fait à l'école en ce moment.
Information
Les membres de Guests ne peuvent laisser de commentaires.