Comment étudier et exploiter une intention

L’intention est une partie de l’esprit étonnamment importante mais rarement exploitée, étant donné que sa signification ne se révèle qu’après le fait. Ce n’est qu’après avoir pris le temps de l’observer que vous pouvez vous rendre compte de sa pertinence dans la vie de tous les jours. L’intention est le tremplin ou le fondement de toutes choses, ce qui permet à l’esprit de comprendre et de découvrir. Commencez à voir vos intentions dès aujourd’hui.

Étapes

  1. Trouvez le meilleur moyen de voir l’intention quand elle se produit. La méditation, surtout celle qui se pratique en marchant, est excellente dans ce domaine, mais vous pouvez trouver d’autres méthodes à cette fin comme l’observation et la réflexion dans vos activités de tous les jours. Vous pouvez étudier l’esprit et le mental ainsi que les relations entre le corps et l’esprit ou toutes ces techniques à la fois si vous le souhaitez.
    • Dans certains cas on parle d’un état de conscience aigu, ce qui est probablement le moyen le plus approfondi et le plus pratique d’étudier ce sujet, étant donné qu’il s’agit d’abord d’être conscient de ce qui se passe au moment où quelque chose se produit.
  2. Envisagez d’identifier deux sortes d’intention parmi les plus importantes. Faute d’un terme plus précis, on pourrait les séparer en deux catégories : l’intention liée au "fonctionnement du corps" et celle qui est de type "émotionnel ou psychologique" pour mieux explorer ce sujet.
    • Vous pourriez, par exemple, avoir faim et avoir l’intention de trouver un aliment qui réponde aux besoins du corps, mais le choix de la préparation de cet aliment ressort davantage d’un état émotionnel ou psychologique. Imaginez que vous ayez faim et que vous ayez une tomate, par exemple. Allez-vous en faire une salade, une sauce pour les pâtes, allez-vous la frire ou la mettre dans un sandwich ? Une fois que vous avez pris votre décision, vous allez devoir la préparer et rassembler les éléments nécessaires – ce qui signifie que de nouvelles intentions émergent derrière l’acte de rassembler les outils nécessaires – afin de pouvoir faire de la tomate un repas. Mais les fonctions organiques de votre corps ne s’intéressent pas au fait que la tomate soit consommée crue ou cuite.
    • Il existe aussi des méthodes de méditation qui se consacrent à ces deux type d’intention : la conscience corporelle et la conscience mentale. Enquêtez à leur sujet ou essayez-les si elles peuvent vous aider.
  3. Observez le rôle que joue l’intention en relation avec l’action. L’intention se produit systématiquement avant l’action et vous pouvez vous en apercevoir quand vous n’avez pas l’intention de faire quoi que ce soit – vous pouvez aisément rester assis(e) et ne rien faire jusqu’à ce que vous ressentiez un besoin précis comme de manger, d’aller aux toilettes ou de vous bouger si l’ennui vous terrasse.
    • La réaction ne procède pas autrement puisqu’elle possède sa propre fonction mentale qui intervient toujours avant de faire quoi que ce soit. Elle va simplement plus vite à cause de l’urgence de la situation. Cela est souvent dû au fait que l’esprit agit séparément sans avoir besoin d’une analyse intellectuelle, d’une préférence ou d’un discours – comme la réaction spontanée d’une personne qui cligne des yeux, se baisse ou avance les mains (entre autres) quand elle sent que quelque chose s’approche de sa tête. Il s’agit là aussi d’une intention liée au fonctionnement du corps, étant donné que les processus mentaux n’agissent pas à la même vitesse – certains sont plus rapides que d’autres, mais l’esprit doit avoir l’intention de cligner des yeux, de se baisser ou d’avancer les mains, car une réaction est impossible sans l’aide de l’esprit qui est conscient et capable d’assimiler l’information pour donner des instructions au corps et lui dire comment réagir.
  4. Étudiez la manière avec laquelle la perception modèle l’intention. La perception forme l’urgence. Si elle perçoit un danger ou une douleur, elle précipite l’action et lui donne toute son importance. De même, la perception influence l’intention et lui demande de faire quelque chose quand elle vous signale d’agir face à un sentiment négatif comme l’ennui ou la faim.
    • Vous devriez aussi envisager d’autres éléments susceptibles d’avoir une influence sur l’intention comme la perspicacité positive ou un préjugé négatif.
    • De même, étudiez comment la perception peut recevoir une sensation (mentale ou physique) et provoquer une réaction à partir de cette sensation. Voyez aussi comment nos préférences ou perceptions et opinions personnelles peuvent influencer positivement ou négativement notre intention.
  5. Songez à la manière dont l’intention affecte les objets. Un couteau, par exemple, peut servir en chirurgie pour traiter une plaie, ou peut être utilisé en cuisine dans la vie de tous les jours ou encore, il peut avoir son utilité dans une tâche artistique comme la sculpture. Mais il peut aussi servir des desseins plus nocifs comme de tuer, blesser ou menacer des gens. Le couteau en lui-même n’est qu’un morceau de métal, pas plus mauvais ni bon que tout autre objet créé par l’homme – il ne possède en soi aucune conscience avant, pendant ou après son utilisation. Dans son concept et dans son usage, l’intention peut donner une personnalité et un pouvoir spécifiques au couteau, mais cela reste un bout de métal qui pourrait avoir d’autres usages.
  6. Voyez pourquoi les gens ne remarquent généralement pas une intention. L’intention se produit des milliers de fois sous d’innombrables formes. Quand vous tapez un mot, par exemple, l’esprit a l’intention de taper chaque lettre dans le bon ordre, de telle sorte que l’opération soit très rapide afin de permettre aux doigts de taper correctement le mot.
    • On peut aller plus loin dans cet exemple. Il est important de savoir où se trouvent les touches pour être capable de taper chaque lettre afin que l’esprit puisse commander aux mains de se mouvoir tout le long du clavier, d’enfoncer et de relâcher des touches puis de passer à la lettre suivante tout en gardant un œil sur l’écran pour vous assurer que tout soit correctement tapé. Avec ça, vous devez encore respirer, voir, sentir, ressentir et autres. Il s’agit d’une intention de grande intensité, mais l’esprit pilote le tout par lui-même.
  7. Expérimentez ces étapes progressivement. Comme on peut fragmenter chaque action en petites actions distinctes, vous trouverez une intention dans chacune d’elles, et parfois plusieurs intentions qui se déroulent très rapidement. Vous pourriez avoir l’intention de faire bouger votre main pour prendre un verre, mais vous devez faire ce geste de bouger la main dans le but de prendre cet objet jusqu’à ce que vous ressentiez le contact du verre sur la main et que vous puissiez suivre la procédure du regard. Cette intention va ensuite disparaître car vous n’en avez plus besoin. Une nouvelle intention se forme alors, celle de soulever le verre et de le porter à vos lèvres – à moins que vous ne changiez d’avis et décidiez de reposer le verre.
    • Cela ressemble beaucoup à un film. Les images mouvantes qui passent sur l’écran se produisent grâce à un faisceau de lumière qui est braqué sur une pellicule contenant des milliers d’images statiques dans un certain ordre pour évoquer des changements subtils. Cette pellicule est mise dans un projecteur qui tourne à une grande vitesse – une vitesse assez grande pour tromper l’esprit et faire de ces milliers d’images statiques un flot d’images mouvantes. L’esprit n’est tout bonnement pas conscient que ces images mouvantes sont le résultat de beaucoup de petites images fixes, tout comme une journée se compose d’une infinité d’intentions et d’actions minuscules.
  8. Trouvez jusqu’où peut aller l’intention dans l’action qu’elle provoque. Si vous n’avez pas l’intention de faire quelque chose, le corps peut vous forcer à le faire tout de même, à cause d’une douleur, d’un sentiment de peur ou de panique, d’une sensation de froid ou de chaud et ainsi de suite. L’intention est néanmoins tout à fait consciente. Vous pouvez, par exemple, contrôler votre respiration et vous pouvez effectivement retenir votre respiration et avoir l’intention de ne plus respirer ou faire cesser les mouvements des muscles qui dilatent et contractent vos poumons. Vous pouvez aussi avoir l’intention de ne pas aller aux toilettes. Néanmoins, dans tous ces cas de figure, le corps va rapidement protester, ce qui vous obligera à respirer à nouveau et à vous rendre aux toilettes. Pourtant, il existe parallèlement des processus contre lesquels nous ne pouvons pas agir, comme les battements de notre cœur, la digestion, le vieillissement, la circulation sanguine, l’absorption de l’oxygène par les poumons, l’acte de chasser les toxines via les selles et la sueur et ainsi de suite. Le corps a besoin de faire ces sortes de choses pour rester en vie et pour fonctionner correctement.
  9. Voyez si vous pouvez influencer une intention, qu’elle soit émotionnelle ou psychologique ou une intention d’ordre corporel. Étant donné qu’il y a des milliers d’intentions, vous pouvez en améliorer certaines comme quand vous êtes en colère, envieux ou paresseux. Si vous observez bien vos intentions jusqu’à ce que vous puissiez voir leur influence sur vos pensées, sensations ou agissements, vous pouvez aussi les modifier simplement en vous servant d’une autre intention consciente, comme de vous débarrasser d’un chapelet de pensées nocives.
  10. Continuez à évaluer vos intentions. Essayez de voir si certaines intentions sont plus fortes que d’autres, lesquelles pourraient court-circuiter une autre intention – comme quand vous voulez donner un coup de fil, mais que vous ressentez une plus grande urgence d’aller aux toilettes, ce qui coupe court à votre intention de téléphoner. Des intentions stériles ou nocives – comme d’avoir des pensées qui vous dépriment, vous mettent en colère ou vous préoccupent – peuvent être assez puissantes et demandent de faire intervenir des intentions plus douces, plus compatissantes et à la fois plus fortes pour vous obliger à être plus indulgent(e) avec vous-même et vous permettre de lâcher ces pensées harassantes. En observant le processus, vous saurez vous débarrasser correctement d’une intention nuisible pour la remplacer, ce qui finira par être votre nouvelle approche systématique pour éliminer les pensées négatives. Il s’agit surtout d’apprendre à comprendre et à vous servir de l’intention comme d’un outil utile.
    • Il va sans dire que toute connaissance n’a d’utilité que si vous vous en servez. Voyez si vous pouvez modeler vos intentions afin d’avoir une vie plus heureuse, plus saine et moins dangereuse. Pouvez-vous entraîner votre intention d’être plus heureux, plus sain et plus apte à évacuer les pensées nocives ? Vous ne le saurez que si vous étudiez et explorez votre façon de gérer l’intention.

Conseils

  • Envisagez d’étudier l’intention et son application dans des disciplines différentes afin d’élargir vos connaissances du sujet. L’intention mentale dans le domaine de la loi, par exemple, a son importance pour définir si la personne a délibérément mal fait ou non. Dans bien des juridictions, on considère qu’un enfant de moins de dix ans est incapable de former une intention mentale pour commettre délibérément un crime.
  • En définitive, toute personne qui désire sincèrement prendre soin de sa vie peut observer son esprit à l’oeuvre et voir si ses intentions sont ou non ce qu’elle désire et peut avoir le choix de les changer. Quand nous disons que nous n’avions pas le choix de nos actes, c’est souvent dû au fait que nous ne connaissions pas nos choix à ce moment-là, ou bien parce que nous ne voulions rien savoir de ces choix à portée de main, car ils nous auraient donné de nouvelles responsabilités inévitables. La compassion est un excellent remède, mais elle effraye, énerve et déroute bien des gens. C’est souvent le fait d’un esprit à la fois effrayé et furieux qui ne se pardonne pas son impétuosité et les répercussions passées de ses agissements, lesquelles sont toujours une cause de souffrance. Il y a aussi parfois de la peur à laisser partir la douleur du passé, ce qui pourrait remettre en question le présent et ouvrir la voie à une nouveauté inconnue. De ce fait, l’esprit préfère rester dans ses schémas habituels. La compassion doit commencer quelque part et pour qu’elle agisse, elle doit devenir une intention.
  • Ce qui complique tout et qui forme sans doute le plus grand défi, reste que l’intention n’est pas évidente du tout. Il est très, très dur de voir avant, pendant et après un acte, surtout dans le feu de l’action. Néanmoins, l’intention précède toujours l’action dans l’esprit d’une personne. Cela exige une forme de responsabilité de l’individu vis-à-vis de ses actes, même s’il n’en est pas conscient, surtout quand il a laissé son esprit vagabonder et a agi sous le coup de la colère ou d’une émotion violente. Mais une personne est-elle vraiment responsable de ses actes, si elle n’est même pas consciente de ses intentions ? Les émotions peuvent surgir très vite, trop vite pour être reconnues par l’esprit conscient à ce moment-là. Néanmoins, l’esprit reste blessé et parfois, il ne guérit jamais. C’est le prix à payer pour des agissements frénétiques vis-à-vis des intentions et des émotions.

Avertissements

  • Procédez au fur et à mesure pour bien comprendre le fonctionnement et les réactions de l’esprit.
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