Comment faire du stop

Faire du stop demande une certaine logique, que ce soit pour vous déposer devant le prochain supermarché, vous rendre aux quatre coins du monde ou pour vous dépanner. Les conseils suivants sont le fruit des expériences de plusieurs autostoppeurs chevronnés.

Étapes

  1. Investissez dans une bonne carte routière. Une bonne carte bien détaillée vaut l’investissement que vous y mettez. Vous pouvez en trouver dans n’importe quelle bonne librairie ou à des stations d’essence. Si vous vous rendez en Grande-Bretagne, voyez pour une carte IGN – ce n’est pas l’idéal, mais bien meilleur qu’une carte nationale en format A5. Vous pouvez les emprunter gratuitement dans les bibliothèques anglaises. C’est le modèle dont se servent les routiers qui traversent le pays car il indique les aires de repos, les zones de stationnement pour les camions ainsi que les stations d’essence. Trouvez plutôt un point de chute pour voyageurs comme un aéroport, un hôtel ou un office du tourisme si vous voulez consulter gratuitement une carte et choisissez une brochure qui contienne une bonne carte. Les consulats et aires d’autoroutes proposent aussi des cartes gratuites. Les agences de location de voitures sont aussi les endroits où vous trouverez les meilleures cartes. Trouvez une carte qui indique les routes, les aires de repos et les stations d’essence.
    • Familiarisez-vous avec le système de numérotation des routes, s’il y en a un. Les voies de circulation européennes comportent des nombres pairs dans l’axe nord-sud, lesquels augmentent si on se rend plus au sud. Les nombres impairs vont d’est en ouest et augmentent à mesure que l’on va à l’ouest. Les nombres peuvent être à trois unités, suivant les bifurcations et les croisements avec d’autres axes principaux. Les nombres à deux unités qui se terminent par 5 indiquent une route qui va du nord au sud (comme la E35, par exemple qui va d’Amsterdam à Rome), tandis que les axes de référence qui vont d’est en ouest se terminent par un 0 (comme la E70 allant de Varna en Bulgarie à La Corogne en Espagne).
  2. Prenez vos précautions.
    • Scannez votre carte d’identité et votre passeport si vous sortez de l’Union Européenne et envoyez les documents numérisés sur votre propre téléphone. Vous pouvez en faire une copie dans une bibliothèque si on vous les a volés. Pour les passeports, vous devez vous rendre à un consulat avec les copies de vos papiers et faire les démarches nécessaires pour obtenir un nouveau passeport (ou du moins une autorisation de circuler). Les citoyens européens et américains devront présenter deux photos de passeport et remplir un formulaire pour obtenir un passeport provisoire.
    • Munissez-vous avant votre départ du numéro d’urgence de votre banque pour gérer votre carte bancaire. Vous devez appeler immédiatement votre banque si vous la perdez pour la faire bloquer et en commander une autre à une adresse où vous pouvez la recevoir, comme un consulat, par exemple.
    • Emportez un diffuseur de gaz lacrymogène pour le cas où vous rencontreriez un personnage patibulaire sur la route ou ailleurs.
  3. Fabriquez une pancarte. Cela montre aux gens que vous n’êtes pas analphabète et que vous avez programmé un itinéraire. Emportez un gros feutre noir ou bleu ainsi qu’un morceau de carton. Écrivez clairement votre destination (qui n’a pas besoin d’être la destination finale). Tracez une bordure autour du carton – cela donnera plus de lisibilité à votre carton.
  4. Trouvez le bon endroit pour faire du stop. Rendez-vous du côté de la ville ou de l’endroit qui va dans la direction que vous voulez prendre. Trouvez un emplacement qui corresponde aux critères suivants :
    • Il se trouve sur une portion de route droite (700 mètres dans les deux directions) et de préférence avec une légère inclinaison, de telle sorte que les conducteurs puissent vous voir de loin.
    • La circulation n’est pas trop rapide, moins de 80 km à l’heure.
    • L’endroit est suffisamment éclairé pour que vous puissiez croiser le regard des conducteurs.
    • Les véhicules doivent aller dans votre direction.
    • L’aire de stationnement doit être d’accès facile.
    • L’endroit doit être dépourvu d’autres autostoppeurs – si vous en voyez un, mettez-vous en retrait et attendez votre tour.
  5. Ayez une bonne présentation. Donnez l’impression de savoir où vous allez et ce que vous faites. Ayez une allure propre et sympathique, tenez un panneau clair et lisible et souriez.
    • Un autostoppeur masculin donne les conseils suivants :
      • Vous avez moins de chances d’être pris en charge si vous portez trop de denim.
      • Les autostoppeurs en short sont mal vus par certaines populations rurales aux Etats-Unis (mais sans doute aussi en Europe).
      • Un crâne rasé peut faire croire aux gens que vous vous êtes évadé d’une institution (une prison, l’armée, un asile ou un lycée) ou qu’on vous a relâché récemment de ce type d’institution.
      • Ce n’est pas une bonne idée de porter des lunettes de soleil car on ne peut pas voir vos yeux ni échanger des regards.
      • Les couples ont tendance à attendre plus longtemps, faute de place dans les véhicules qui passent. Soyez néanmoins clair d’emblée sur votre relation avec votre compagne, sans quoi le conducteur risque de la harceler. Protégez-la.
      • La pluie ne va pas augmenter vos chances d’être pris en charge, surtout pas si vous êtes trempé. Néanmoins, une chute de neige récente augmente vos chances d’être pris à bord d’un véhicule. Les gens n’ont rien contre quelques flocons sur les revêtements de leur véhicule, car ils sont faciles à enlever avant qu’ils aient fondu, là où la pluie imprègne les sièges et forme des auréoles.
  6. Choisissez bien votre trajet. Vous arriverez bien plus vite à destination. Il vaut mieux ne faire que 50 kilomètres et être déposé à une station d’essence ou une aire de repos pour camions que de voyager 100 kilomètres et vous retrouver au milieu de nulle part. Servez-vous de votre carte ! Si vous attendez depuis deux heures au bord d’une route à fort trafic et que personne ne s’arrête, vous êtes probablement sur une mauvaise route ou du mauvais côté de la voie de circulation. Si on s’arrête et que vous ne voulez pas monter pour des raisons diverses, dites au conducteur que vous recherchez un trajet plus long ou une personne qui vous dépose à un endroit plus propice. Vous ne devez pas monter dans un véhicule simplement parce que quelqu’un s’est arrêté. Suivez toujours votre intuition.

Conseils

  • Pour des raisons évidentes, emportez le moins de bagages possibles. C’est pourquoi un sac à dos montrera clairement que vous comptez voyager, tandis que l’on aura des soupçons si vous faites du stop avec les mains vides.
  • L’autostop est tout sauf une science exacte, mais les voitures avec des enfants à bord et – bizarrement – les conducteurs de camping-cars sont assez durs à cuire. Les endroits débordant de touristes et de voyageurs sont par conséquent aussi ceux où vous aurez du mal à trouver un conducteur.
  • Restez toujours poli avec les gens qui s’arrêtent et vous prennent à bord, et n’oubliez pas de les remercier pour leur aide.
  • Il n’y a pas de mal à faire du stop sur la plupart des routes secondaires ou départementales d’Europe, mais c’est interdit et d’ailleurs très désagréable à faire sur les autoroutes.
  • Les conducteurs méticuleux sauront que vous ne tremperez pas leur habitacle si vous portez une cape ou un vêtement de pluie facile à enlever. Ceci dit, si vous avez le temps, il vaudrait mieux attendre que la pluie s’arrête.
  • Bien des conducteurs embarquent plus volontiers des autostoppeurs qui semblent marcher. Mais ne vous éloignez tout de même pas trop d’un bon emplacement pour faire du stop ! Vous avez plus de chances d’être pris à un bon emplacement où un véhicule peut s’arrêter qu’à un mauvais endroit pendant que vous marchez.
  • Le stop marche très bien au Royaume-Uni et dans la plupart des pays d’Europe. Sympathisez avec un routier et arrangez-vous pour qu’il vous offre une vieille feuille d’enregistrement de ses trajets. En brandissant ce sésame devant les camions qui passent, on vous prendra pour un confrère, ce qui augmentera la probabilité que l’on s’arrête pour vous prendre en charge. Cela n’est valable qu’en Europe, étant donné que les routiers d’Amérique du Nord ne se servent pas de ce type de feuilles.
  • Il faut environ quatre à six jours pour traverser les Etats-Unis en stop. Aller d’ouest en est va plus vite que le contraire.
  • La tradition du "pouce de l’autostoppeur" est inconnue dans certaines parties de l’Asie. En Corée du Sud, il vous suffit d’étendre le bras avec la paume vers le bas puis de faire le geste de demander à quelqu’un de se rapprocher de vous.
  • Vous ne serez que rarement pris en charge si vous portez une valise ou un sac poubelle à la place d’un sac à dos.
  • Les femmes seules sans sac à dos ou avec un bagage suspect seront considérées comme des fugitives qui fuient quelque chose – comme un partenaire violent, la loi ou autre et auront aussi le plus de mal à trouver un conducteur.
  • Bien que ce ne soit pas toujours vrai, l’autostop est un peu plus dangereux pour les femmes seules. Voyagez à deux, si vous le pouvez ou si cela peut vous rassurer.
  • Un appareil de CB portable peut se révéler votre meilleur ami.

Avertissements

  • Ne faites pas de stop à côté d’un véhicule immobilisé. Il est inutile d’attirer l’attention de la police ou du propriétaire du véhicule. Les automobilistes qui passent seront d’autant moins enclins à vous prendre s’ils apprennent que le véhicule ne vous appartient pas.
  • Ne faites pas de stop la nuit, sauf s’il s’agit d’un endroit bien éclairé. Ne faites pas non plus de stop dans les régions rurales les jours de paye. Vous ne voudriez pas être malmené par un ivrogne de passage.
  • Dans certains pays d’Europe, le "pouce levé de l’autostoppeur" peut être pris pour une insulte.
  • Chaque fois que vous faites du stop, vous prenez le risque de monter dans la voiture d’un inconnu. Faites preuve de prudence et de bon sens, mais sachez que ni la prudence ni le bon sens ne vous préserveront des intentions cachées de certains conducteurs.
  • Le stop est interdit dans certains états comme l’Australie.
  • Il est très dangereux de faire du stop sur une autoroute. Voyez s’il vaut mieux monter sur la bande d’arrêt d’urgence ou emprunter une route moins dense.
  • Prenez garde aux flics. On peut vous poser des questions, même si vous agissez tout à fait légalement.
  • Ne faites pas de stop aux endroits où le conducteur doit redoubler de vigilance, surtout pas aux carrefours ni dans les zones de passage d’enfants ou des parcs.
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