Comment faire face à la stigmatisation

On ne s’est rendu compte que tout récemment que la "différence" n’est pas contagieuse. Même de nos jours, ce n’est pas encore tout à fait entré dans les mœurs. L’ignorance humaine a généralement recommandé de se tenir à l’écart de la différence, qu’elle soit le résultat d’un contact avec un poison ou une maladie, une possession démoniaque, de la magie ou le mal. Ces préjugés profondément ancrés mettent malheureusement du temps à se résorber et les convictions de bien des gens manquent encore d’empathie et de compassion. La stigmatisation est quelque chose que vous devez combattre tous les jours, que vous soyez en fauteuil roulant, obèse, gay, bipolaire, aveugle ou autiste. Allez à la découverte de la personne formidable que vous êtes pour faire face à l’ostracisme et aidez aussi les autres à en savoir plus sur votre compte.

Faire valoir votre identité

  1. Rendez-vous compte que vous n’êtes pas ce qui vous stigmatise. Votre ostracisme vous a-t-il brossé les dents ce matin, quand vous vous êtes réveillé ? Qui a préparé le dîner de la veille, votre différence ou vous-même ? Vos proches vous aiment-ils vous-même ou ce qui vous distingue des autres ? Vous l’avez compris : ce sont deux choses radicalement différentes. Ceux et celles qui tiennent vraiment à vous vous voient comme une personne. Vous devriez donc le faire aussi quand vous vous regardez.
  2. Redéfinissez votre image identitaire avec vos propres termes. Il est important de garder à l’esprit qu’une identité n’a rien de figé. Nous avons tous une certaine latitude pour nous ranger sous un type d’identité ou un autre, indépendamment de la façon dont nous sommes traités par les autres.
    • Passez un peu de temps à l’écart des autres pour savoir ce que vous aimez vraiment faire.
    • Faites une liste de vos attributs positifs. Cela peut inclure vos attitudes, comportements et croyances.
    • Faites la liste des caractéristiques que vous pourriez améliorer. Vous pourriez noter, par exemple, que vous fuyez tout affrontement et que vous cédez trop vite aux exigences des autres.
    • Faites une liste de ce que vous aimeriez changer chez vous et de ce dont vous avez besoin pour réaliser ces changements. Si, par exemple, vous ne voulez plus céder aussi facilement aux exigences des autres, vous pourriez noter votre besoin d’être plus sûr de vous. Vous pourriez ensuite vous joindre à un atelier psychologique d’entraînement à l’assurance.
    • Ces mesures vont vous aider à avoir une image de vous-même d’une manière qui ne mette pas immédiatement en avant ce qui vous différencie des autres.
  3. Concentrez-vous sur d’autres aspects de votre personnalité. Votre différence peut être une partie intégrante de vous-même, mais elle ne vous définie pas en tant que personne. Les personnes handicapées physiques peuvent tout de même faire du char à voile. Les personnes malentendantes peuvent avoir des discussions. Elles ont simplement besoin d’apprendre à faire les choses autrement, mais cela ne doit pas les empêcher d’avoir une vie épanouissante.
    • C’est tout à fait faisable, que la raison de cette stigmatisation soit visible ou non. Une différence visible pourrait être un fauteuil roulant ou une cécité. Un problème invisible peut être un VIH, une maladie rénale ou autre, ou tout ce qui n’attire pas tout de suite l’attention. Mais vous continuez à exister en dépit de votre état. Votre sens de l’humour, votre espièglerie, vos sourires et d’autres aspects de vous-même peuvent continuer à attirer l’attention.
    • Prenez le temps de pratiquer les activités pour lesquelles vous êtes doué. Cela aidera les autres à vous voir sous un autre jour.
  4. Ayez de bons rappels mentaux. Il peut être très difficile de gérer une stigmatisation. Il peut être utile d’avoir un genre de rappel mental ou mantra pour vous aider à chasser de votre esprit ce qui vous tracasse dans l’immédiat.
    • Imaginez, par exemple, une personne ou un lieu qui vous fait plaisir. Ou bien rappelez-vous que tout le monde n’ignore pas votre différence. Souvenez-vous des personnes qui vous ont soutenues dans votre vie.
    • Faites attention à vos pensées, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Les personnes qui vous entourent auront plus de mal à vous accepter pour ce que vous êtes, si vous n’y arrivez pas vous-même.
  5. Ayez confiance en vos capacités. Ne croyez jamais qu’il y a quelque chose que vous ne pouvez pas faire à cause de votre handicap. Essayez de nouveaux loisirs ou des activités. Trouvez une équipe de basket en fauteuil roulant si vous avez du mal à faire une certaine activité physique. Avoir une attitude optimiste et essayer de nouvelles choses sont d’excellentes premières mesures pour développer votre assurance.

Parler de la stigmatisation

  1. Révélez uniquement ce que vous voulez révéler. Il existe des lois, aussi en France, qui vous protègent de la nécessité de révéler le statut de votre handicap, de votre orientation sexuelle et autres marqueurs à des endroits tels qu’une école, un lieu de travail ou autre. Vous ne devriez pas vous sentir obligé de révéler quoi que ce soit quand vous choisissez de ne pas le faire, si on vous stigmatise à cause d’un handicap caché ou une autre raison.
    • Quand vous posez votre candidature pour un emploi, par exemple, vous n’êtes pas obligé de révéler un handicap ou une différence. Si vous choisissez de le faire, votre information doit rester confidentielle et être traitée avec respect.
  2. Parlez à vos proches des différences les plus visibles. Vous pouvez le faire avec les personnes de votre vie, si cela ne vous dérange pas. Les différences visibles sont celles que les autres remarquent immédiatement, comme d’être dans un fauteuil roulant ou aveugle. Ces différences visibles demandent souvent des stratégies en relation avec la gestion de la discussion au sujet de cette différence. Ce faisant, vous pouvez favoriser une discussion de tout repos tout en restant ouvert.
    • Commencez par les personnes les plus proches afin d’être plus à l’aise pour parler de ce genre de problème de la façon que vous préférez. Vous aurez ainsi un peu d’expérience avec le genre de questions que l’on pourrait vous poser si vous avez envie de parler de votre différence avec de simples connaissances, voire avec des inconnus.
    • Ne vous sentez pas obligé de parler de votre différence. Il s’agit d’une décision personnelle que vous seul devriez prendre.
    • Il peut parfois être assez compliqué de parler d’une différence visible. Cela est dû à la gêne sociale immédiate qui peut aller de pair avec les préjugés d’une autre personne.
  3. Décidez de ce que vous voulez révéler au sujet de votre différence invisible. Quand vous vivez une stigmatisation en relation avec quelque chose qui ne se voit pas, comme une orientation sexuelle ou le fait d’avoir un problème de santé caché, songez à la façon d’en parler avec les autres. Gérer une différence invisible est une procédure sans fin. Mais il est préférable que la personne stigmatisée essaye constamment d’autres moyens d’en parler ou d’ignorer son état particulier afin d’être plus à l’aise pour le révéler à d’autres.
  4. Pensez à vos objectifs quand vous parlez avec quelqu’un de votre différence invisible. Tenez compte de ce que vous espérez réaliser quand vous vous demandez ce que vous voulez partager avec quelqu’un d’autre. Voulez-vous, par exemple, que l’autre arrête de faire des remarques au sujet de la dépression ? Voulez-vous que la personne soit plus ouverte par rapport à l’homosexualité ?
  5. Décidez de la façon de divulguer des informations personnelles. Demandez-vous comment vous allez en parler en réalité, quand vous avez envisagé vos objectifs et la quantité d’information à partager. Essayez des techniques de communication et des intermédiaires différents pour réaliser ces objectifs dans des situations différentes.
    • Votre objectif peut simplement être d’informer quelqu’un d’autre au sujet de votre situation différente, par exemple. Mais vous espérez éviter toute conséquence négative qui pourrait résulter d’une telle révélation. Il pourrait être préférable d’envoyer un email ou une lettre manuscrite qui décrit les détails de la situation. Ce faisant, vous pouvez dévoiler une information tout en limitant le plus possible les tensions psychologiques.
  6. Expliquez votre différence aux autres. Être capable de brandir des statistiques peut détendre l’atmosphère. Si, par exemple, quelqu’un décrète que votre dépression est imaginaire, faites comprendre à cette personne que la dépression est la première cause d’invalidité en France dans la tranche de population entre 15 et 44 ans. Les taux de suicides seraient moins importants si on apprenait aux gens à mieux connaître les troubles de l’humeur.

Aider les autres à être à l’aise

  1. Demandez de l’aide aux autres. Cela demande d’abord pas mal de culot, mais le fait de demander l’assistance des autres est un moyen futé de les mettre à l’aise en votre compagnie. Cela va par conséquent minimiser votre différence. Après tout, c’est d’abord le malaise de l’autre qui cause un problème et non pas la haine ni la peur de la différence. La personne en face de vous peut tout simplement ne pas savoir comment réagir. Elle est gênée parce qu’elle ne sait pas quoi dire ou faire. Elle peut pousser un soupir de soulagement quand vous lui donnez le feu vert. Et vous qui pensiez être la seule personne à souffrir de cette dissension !
    • Demandez à ce que l’on vous ouvre la porte si vous circulez en fauteuil roulant, étant donné que vous avez du mal à atteindre la poignée. Demandez à la personne si votre message a été orthographié correctement si vous êtes dyslexique. Ces tactiques vont briser la glace comme pour toute discussion tout à fait normale de la vie de tous les jours.
  2. Abordez le sujet. Le fait de demander de l’aide peut mettre le sujet sur le tapis, mais toutes les différences n’ont pas forcément besoin de l’aide des autres. Pratiquez l’art d’aborder le sujet directement.
    • Vous pouvez toujours introduire cette différence en disant, par exemple : "Vous vous demandez sans doute pourquoi j’ai perdu une jambe/ pourquoi je bégaye/ je suis gay/ j’ai un cancer. Du moins c’est ce que font la plupart des gens. D’habitude, je leur dis telle chose..." Cela fait comprendre à l’autre personne qu’elle peut vous poser des questions, étant donné que la plupart des gens sont naturellement curieux.
    • Certaines personnes stigmatisées font une blague pour briser la glace dans de telles situations mais aussi pour évaluer le degré de sensibilité de l’autre par rapport à son état particulier. Mais la plupart du temps, on peut réduire la gêne en parlant plutôt de façon assez directe, chaleureuse et ouverte, même si la personne qui vous fait face a mal réagi d’emblée à votre présence.
  3. Utilisez la technique du "soutien d’un tiers" pour faire face à la situation. Cette méthode implique une personne qui comprend que d’autres peuvent être mal à l’aise parce qu’ils ne comprennent pas le problème ou ne savent pas comment se comporter dans ce cas. C’est la technique qui conduit à mettre à l’aise les deux parties en présence.
    • Ne supposez pas systématiquement que l’autre vous juge quand vous vous servez de cette technique. Il se peut que la personne n’ait aucune idée de votre différence. Soyez patient et ouvert à ce sujet. Laissez à l’autre le bénéfice du doute.
    • Si, par exemple, une personne ne sait pas trop comment se comporter avec vous parce que vous êtes dans un fauteuil roulant, suggérez-lui des façons de vous venir en aide ou ce que vous pouvez faire pour vous-même.
  4. Laissez tomber les techniques d’évitement ou de retranchement avec ce qui vous met le plus mal à l’aise. Ce sont habituellement deux méthodes générales utilisées par les personnes qui doivent gérer une stigmatisation et que vous devriez éviter. Ces deux méthodes peuvent en réalité être assez nocives.
    • La technique d’évitement : la personne stigmatisée ne fait rien d’autre, elle fuit. Elle évite tout contact social avec des personnes qui ne savent rien de son état particulier. C’est destiné à éviter des discussions gênantes et un éventuel rejet. Ces personnes finissent par s’isoler complètement et se sentent souvent seules par ce qu’elles ne peuvent pas faire de nouvelles connaissances.
    • Le retranchement dans les situations plus faciles : la personne stigmatisée se cantonne systématiquement dans un groupe de gens ou des endroits précis. Elle n’est à l’aise qu’avec des gens dont elle connaît l’approbation. C’est la raison pour laquelle elle ne saisit jamais d’occasions ou ne fait jamais de nouvelles expériences. Un rejet éventuel est simplement trop effrayant.
  5. Rendez-vous compte que l’on a besoin de comprendre votre différence. N’oubliez pas que les réactions des gens à votre endroit n’ont rien à voir avec de la haine. Il s’agit plutôt d’un manque de compréhension. Il est difficile pour la plupart des gens de se rappeler que d’autres doivent batailler aussi. Il est facile de les croire ignorants, odieux ou simplement stupides. Bien que vous en fassiez les frais, vous devriez prendre du recul et vous rendre compte que la plupart des gens que vous gérez ne savent pas trop quoi dire ou faire. Ils se sentiront donc probablement mal à l’aise.
    • La plupart des gens veulent bien faire, mais ils ne savent tout simplement pas comment se comporter. Quand ils sont embarrassés, la plupart d’entre eux préfèrent encore s’éclipser en douce plutôt que de faire ce qu’il ne faut pas. Il est difficile de ne pas le prendre trop à coeur. La seule chose que vous puissiez faire est de vous servir de votre méthode de soutien d’un tiers pour empêcher que cela n’arrive.
  6. Pratiquez le sens de l’humour. Vous pouvez essayer d’alléger un peu l’ambiance autour de votre différence sur le mode de la plaisanterie, si vous vous sentez à l’aise pour le faire. Cela peut être extrêmement difficile à faire dans un premier temps mais plus vous le ferez et plus vous y serez à l’aise.
    • Soulagez votre vis-à-vis et facilitez-lui la tâche, si vous sentez que quelqu’un est un peu à cran ou cherche à aborder le sujet. Moquez-vous de vous-même pour montrer aux autres que ce n’est pas un problème. Gloussez et dites que vous êtes trop gay pour porter cette valise et que la personne serait trop aimable si elle pouvait le faire à votre place. Vous pouvez aussi vous écrier dans la file d’attente de la cafétéria que vous êtes un mangeur à roulettes qui a envie de ce yaourt sur l’étagère supérieure. Cela peut résorber rapidement toute tension.
  7. Ne vous sentez pas obligé d’insister à ce sujet. Vous serez sans doute ravi de voir que l’on s’y intéresse si vous abordez le sujet d’emblée. Certaines personnes voudront savoir comment cela s’est passé et quand cela a commencé, là où d’autres voudront s’appesantir sur tous les détails.
    • Changez de sujet quand les questions se font plus rares. Après tout, vous avez des tas d’autres sujets de discussion ! Le fait de parler de bien des choses différentes va aider la personne à se rendre compte de vos multiples qualités et du fait que vous n’avez pas qu’une seule dimension. Elle va aussi comprendre qu’elle n’est pas obligée de parler du problème parce qu’il n’est pas flagrant. Ce n’est pas la fin du monde et il s’agit simplement d’un sujet dont vous pouvez parler tous les deux. Demandez à l’autre quels sont ses loisirs et centres d’intérêt. Il a besoin d’être mis en valeur aussi !
    • Ce n’est pas non plus un problème si vous n’êtes pas à l’aise pour parler de tout et de n’importe quoi. Ne vous sentez pas obligé de parler de quelque chose qui vous embarrasse. Vous allez apprendre l’art de dire aux autres que vous préféreriez ne pas en parler en posant des limites autour de ces sujets. La plupart des gens respecteront votre souhait.
  8. Sachez qu’il y aura aussi des gens qui n’accepteront pas votre différence. Il y aura toujours des individus susceptibles de refuser de parler de sujets difficiles comme l’ostracisme social et les groupes marginaux. Il est probable que vous sachiez d’emblée qui sont ces gens, si vous devez gérer une différence dans un contexte social depuis un certain temps.
    • Il est sans doute préférable de ne pas gaspiller votre énergie pour ce type de gens. Échangez avec eux du mieux que vous le pouvez, mais assurez-vous aussi de vous entourer de personnes qui sont plus tolérantes et sûres d’elles.
  9. Laissez tomber ce que vous ne maîtrisez pas. Certaines personnes seront toujours injustes avec vous quoi que vous fassiez. Vous pouvez en réalité vous libérer de tout sentiment de culpabilité associé à ce que ressentent les autres quand vous vous rendez compte que vous n’avez aucun pouvoir sur ces derniers ou sur des comportements. Tâchez d’accepter ce que vous pouvez maîtriser et laissez tomber le reste.
  10. Éloignez-vous si vous le devez. Il existe malheureusement des tas de gens dans le monde qui sont parfaitement intolérants, infichus d’écouter et pleins de haine et de peur. Fuyez, si la vie prend une tournure moins heureuse et si vous vous retrouvez à devoir gérer ce type de gens. Il n’y a aucune raison de vous rabaisser à leur niveau. Vous valez mieux que ça.
    • Souvenez-vous que cette personne est probablement très peu sûre d’elle, quand vous la fuyez. Elle s’empare de sa haine d’elle-même pour la projeter sur les autres. Elle peut être tellement mal à l’aise avec ce qu’elle est qu’il est peu probable qu’elle le soit avec qui que ce soit d’autre.

Obtenir de l’aide

  1. Envisagez une aide psychologique. Personne ne devrait se battre seul. Le fait de devoir gérer un sentiment de stigmatisation signifie que vous devez non seulement gérer quelque chose que le monde considère comme étant inacceptable, mais qu’il vous faut aussi gérer la réalité quotidienne. Cela peut être un gros fardeau à supporter. C’est la raison pour laquelle vous devriez commencer une thérapie psychologique. Des millions de personnes l’ont essayée et cela a aidé tous les ans des millions de personnes dans le monde.
    • Trouvez un psychologue près de chez vous en consultant la liste des praticiens en ligne via la Fédération Française de Psychologie. Vous pouvez aussi demander à des proches de vous recommander un spécialiste.
  2. Joignez un groupe de soutien. Vous pouvez l’envisager si la psychologie n’est pas votre tasse de thé. Le fait d’avoir un réseau d’individus qui pensent comme vous et sont sympathiques peut avoir des effets similaires à une thérapie chez un psy. Vous aurez un endroit où parler de votre différence et des problèmes que vous rencontrez à cause d’elle. Vous allez trouver de la force à travers ceux qui vous entourent. Vous pourriez aussi être capable de redonner de la force aux autres.
  3. Faites-vous aider pour des problèmes de santé afférents. Faites-vous aider, si c’est le cas, pour des problèmes qui se produisent à cause de la stigmatisation. Des tas de problèmes de santé liés à un ostracisme n’ont pas forcément besoin d’être traités, mais certaines personnes peuvent tirer des avantages de conseils liés au meilleur moyen de gérer la pression sociale. Ce n’est pas parce que votre état est honteux et incorrect. Cela va simplement vous faciliter la vie. Ce sont des problèmes assez compliqués à gérer. Pourquoi ne pas essayer, si cela peut soulager un peu vos tensions ?
    • Envisagez un programme de gestion de votre poids, par exemple, si vous êtes obèse. Envisagez de vous faire suivre par un spécialiste si vous êtes dyslexique. Les professionnels que vous consultez peuvent aussi vous donner des conseils pour vous faciliter la tâche. Après tout, ils doivent les gérer eux aussi tous les jours.
  4. Essayez des méthodes pour réduire vos tensions. Des études ont montré que des techniques de détente comme la méditation, le yoga voire des exercices de respiration peuvent aider les personnes stigmatisées à faire face à leur état. La différence vous touche moins quand vous êtes calme et détendu. Vous devriez donc vous trouver à un endroit paisible et silencieux pour vous vider l’esprit. Cela peut être le début de la paix intérieure que vous recherchez.

Vous informer

  1. Apprenez le lien entre les marqueurs identitaires et les catégories sociales. Un moyen de penser à la différence et aux catégories sociales est à travers le concept de marqueur identitaire. Ce concept est employé essentiellement par certains psychologues, linguistes et sociologues pour représenter les identités. Ces dernières peuvent parfois être antagonistes. De cette façon, les identités sont utilisées pour classer les personnes et les structures suivant ce que nous en pensons. Selon le professeur de droit Kevin Barry, ces marqueurs identitaires sont les suivants :
    • notre degré de capacité : "apte ou inapte"
    • nos limitations : "légères ou graves"
    • notre adaptation au monde : "normale ou anormale"
    • notre degré de liberté : " de l’indépendance ou de la dépendance"
    • notre état de santé : "en bonne santé ou malade"
    • Certains binômes mentionnés ici peuvent s’associer à l’homosexualité, à l’autisme ou à la cécité, par exemple. De cette façon, on voit parfois les gens comme étant diminués vis-à-vis des autres sans ces marqueurs identitaires.
  2. Armez-vous de connaissances. Renseignez-vous au sujet de la façon particulière dont votre identité particulière est façonnée par une stigmatisation. Apprenez-en le plus possible sur la nature de votre identité. Vous vous sentirez moins isolé.
    • 22% des adultes américains souffrent d’une forme de maladie mentale, par exemple. Pourtant, seulement la moitié d’entre eux sont signalés. Saviez-vous que quasiment un enfant sur trois est considéré comme en surpoids ou obèse aux États-Unis ?
    • Vous pouvez vous sentir moins seul en sachant ce que vous devez gérer. Le fait de savoir que des millions d’autres personnes dans le monde doivent gérer d‘une certaine façon la même chose que vous peut vous aider à vous rendre compte que c’est tout à fait faisable.
    • Vous pourriez aussi tomber sur des documents et des témoignages susceptibles de vous inspirer quand vous cherchez à en savoir plus sur votre différence.
  3. Comprenez les droits légaux pour tous. Certaines lois sont faites pour assurer l’égalité de traitement et la justice pour tout le monde. Vous êtes protégé par des lois, que vous ayez un handicap ou non. Les droits constitutionnels comprennent notamment la liberté religieuse, la liberté d’expression, la liberté d’association et ainsi de suite.
  4. Sachez quelle est la définition légale d’un handicap. La loi française de 2005 régissant le droit à la différence et à l’égalité des chances (qui complète un premier décret datant de 1975) permet aux personnes handicapées physiques ou mentales d’avoir les mêmes chances de trouver un emploi et les mêmes services publics que les autres citoyens. Ces droits comprennent à la fois les services d’état et les aides gouvernementales régionales (comme les programmes d’assistance), les aménagements publics, les accès aux commerces et aux moyens de transports de la vie de tous les jours. La loi de 2005 a renforcé dans la construction des édifices neufs la nécessité d’être aux normes de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite et d’adapter les immeubles plus anciens à ces normes. Les critères liés à un handicap sont les suivants :
    • un empêchement physique ou mental qui limite considérablement une ou plusieurs activités essentielles de la vie chez un individu
    • le signalement d’un empêchement de ce type
    • un statut officiel pour cette incapacité
    • vous pouvez être protégé légalement contre la discrimination si cette définition correspond de quelque sorte que ce soit à votre état
  5. Connaissez vos droits. La discrimination vis-à-vis des personnes stigmatisées se produit trop souvent. Mais vous êtes heureusement protégé par la loi. Vous pouvez riposter chaque fois que l’on cherche à vous exploiter.
    • Toutes les personnes handicapées sont protégées par la loi de l’égalité des chances et du droit à la différence. Envisagez de faire appel à la loi si on vous a refusé un emploi, si on vous a licencié, exploité ou si vous avez été expulsé par votre propriétaire ou avez subi toute discrimination liée à votre différence. Vous aurez probablement des droits de santé, de traitement, de logement et de travail ainsi que les droits de l’homme pour vous soutenir.
    • Assurez-vous de bien peser le pour et le contre en faisant appel à la loi, bien que vous soyez tout à fait en droit de faire des poursuites légales à l’encontre d’une violation de vos droits individuels. Il est peut-être préférable d’ignorer une discrimination qui n’a pas eu de conséquences graves pour votre avenir afin d’éviter le temps, les tracas (et souvent aussi l’argent) perdus qui sont volontiers associés à une bataille juridique. Il est cependant important de savoir que vous pouvez toujours recourir à cette solution si vous le désirez.

Éveiller les consciences

  1. Impliquez-vous. Il est probable que vous trouverez des groupes de soutien ou de conscience du handicap auxquels vous pouvez vous joindre si vous vivez en ville. Ils peuvent être créés dans le cadre d’une association ou être simplement un groupe d’amis qui se retrouve pour fêter ce qu’ils sont. Quelle que soit cette communauté, trouvez-en une qui vous soit proche. Vous renforcerez les autres et les autres vous donneront aussi plus de forces. Cela peut aussi vous ouvrir bien des portes.
    • Il est cent fois plus facile de faire face à une différence quand vous êtes entouré d’un groupe de soutien solide. C’est évidemment super si vous avez un réseau de proches merveilleux, mais c’est encore mieux de faire partie d’un groupe de personnes qui ont vécu la même chose que vous. Vous aurez sous la main un réseau de conseils et de documentation qui peut grandement vous faciliter la vie.
  2. Ne vous isolez pas. Il est facile de réprimer votre différence et de faire comme si tout allait bien. Il est facile de rester chez vous et de vous dire que vous allez gérer ça dans votre coin au jour le jour. Ne le faites pas ! Plus vous sortirez et ferez de rencontres dans votre communauté et mieux vous maîtriserez la perception que l’on peut avoir de vous.
  3. Voyez-le sous un angle différent pour favoriser votre prise de conscience. Votre différence peut être très précise à vos yeux, mais elle peut faire partie d’un domaine plus vaste. La stigmatisation autour des orientations sexuelles, par exemple, peut se manifester de façons très variées. Des partenaires du même sexe peuvent avoir du mal à adopter des enfants, à moins que les couples gays n’aient pas forcément droit à des congés parentaux. Ou encore que les homosexuels masculins n’ont pas le droit de donner de sang. Concentrez-vous sur l’angle qui vous importe le plus pour en prendre pleinement conscience et provoquer des changements bénéfiques.
    • Enrôlez votre prise de conscience ou votre groupe de soutien dans la défense de cette cause.
  4. Témoignez. Votre témoignage peut avoir son importance pour les autres. Après tout, le seul moyen de mettre fin à l’ignorance est de l’apprendre aux autres. Le monde sera meilleur, plus avisé et peut-être aussi plus tolérant si vous partagez votre vécu.
    • Démarrez un blog, écrivez un livre ou donnez des conférences. Faites ce qu’il faut pour montrer à la société que son intolérance est dépassée et franchement assez ridicule. Faites de votre stigmatisation quelque chose qui soit tellement banal qu’elle ne mérite plus qu’on la regarde d’un mauvais œil.
    • Le fait de rendre publique votre différence unique est le seul moyen d’y habituer les autres. Vous ne combattez pas une science ni une religion. Il s’agit en réalité d’une course contre la montre. Plus tôt vous commencerez et plus rapidement on acceptera l’idée que votre état ou handicap ne vaut plus la peine de s’y attarder. Nous sommes tous différents et tous pareils dans une certaine mesure.
  5. Contactez votre député régional pour obtenir le soutien du gouvernement. Appelez ou écrivez à votre député pour renforcer ou modifier des lois, à partir du moment où vous avez identifié votre angle de prise de conscience.
  6. Organisez une collecte de fonds. Mobilisez votre énergie à récolter de l’argent pour la recherche ou d’autres prises de conscience. Si vous souffrez d’une maladie qui vous stigmatise, par exemple, comme un VIH, un cancer ou autre, servez-vous-en pour aider la recherche dans cette maladie en collectant des fonds.
    • Parlez-en avec votre journal local ou antenne de télévision régionale pour faire connaître votre collecte de fonds auprès du public.
  7. Aidez les autres à être plus forts. Reconnaissez que les mauvais traitements que vous subissez sont aussi le lot de tas d’autres gens dans le monde pour des raisons raciales, sexuelles, religieuses, ethniques ou mentales (pour ne citer que celles-là). La plupart des gens ont un combat à mener. C’est tout aussi dur, même si ce n’est pas forcément ce que vous vivez. Servez-vous de vos forces pour leur faciliter la tâche.
  8. Soutenez le vécu et les expériences des autres. Soutenez toute personne stigmatisée que vous rencontrez. Rassemblez du monde autour d’elle afin qu’elle sache qu’elle n’est pas isolée. Dites-lui qu’elle est une cuisinière hors pair au lieu d’insister sur le fait qu’il lui manque une jambe.

Avertissements

  • Appelez le 15 ou rendez-vous au service des urgences le plus proche de chez vous si vous ou une personne que vous connaissez envisage de se suicider.
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