Comment mixer des chansons

Pour faire le mixage d'un morceau, tous les enregistrements doivent être dans la boite. La guitare, les percussions, la voix, la basse, les claviers... vous êtes sûr qu'il ne manque rien ? Lorsque tous les instruments dont vous avez besoin sont réunis, il est temps de s'amuser avec les potentiomètres de volume, de balance et les effets, après vous être assis face à la table de mixage (ou simplement votre ordinateur) comme un pilote d'Airbus A 380 s'assoit face aux commandes de son appareil. Avec du gout et de la patience, vous serez peut-être bientôt la nouvelle star musicale de votre époque.

Réunir l'équipement nécessaire

  1. Améliorez l'acoustique de la pièce. Pour être en mesure d'écouter (et donc de mixer) vos morceaux dans des conditions optimales, la pièce dans laquelle vous allez faire votre mixage devrait être aménagée d'une façon particulière afin de pouvoir entendre parfaitement toutes les sonorités et toutes les fréquences . Pour faire un bon mixage, l'acoustique de la pièce doit être bonne et neutre afin de savoir quel instrument doit avoir plus ou moins de volume, quel effet ajouter, et ajuster sa longueur et son amplitude puis traiter les fréquences graves, médiums et aigües correctement . Commencez par vous préoccuper des points suivants.
    • Essayez de comprendre comment la forme de la pièce dans laquelle vous mixez (et enregistrez aussi d'ailleurs) influe sur la manière avec laquelle vous entendez les sonorités. Vous pouvez avoir de très bonnes enceintes, mais une pièce mal configurée va dénaturer les sonorités, ceci est spécialement le cas pour les bas médiums et pour les basses fréquences.
    • Faites en sorte que le son ne rebondisse pas. Lorsque le son sort des hautparleurs, il va immédiatement aller percuter certaines surfaces dures et rebondir à cœur joie. Ceci va altérer les fréquences et la stéréo de vos morceaux.
    • Placez vos enceintes à une certaine distance des surfaces dures, car trop proches, vous aurez trop de basses fréquences (trop de graves).
    • Disposez les éléments de manière symétrique. Vous aurez ainsi une sonorité plus équilibrée et mieux répartie dans toute la pièce dans laquelle vous allez travailler des heures et des heures avec amour .
  2. Procurez-vous une DAW  de qualité. Si vous êtes très riche, vous pouvez acheter une table de mixage numérique de 76 pistes, mais de nos jours, l'ordinateur et les logiciels que vous utilisez sont des pièces maitresses. Certains logiciels gratuits sont plus qu'honorables, mais pour faire un travail de qualité professionnelle, vous devrez certainement investir dans du matériel de haute qualité qui peut parfois être cher . À ce point, vous devez prendre en compte vos préférences et votre budget . Les logiciels de MAO (musique assistée par ordinateur) sont nombreux. Parmi eux, vous pouvez trouver les suivants, qui sont assez populaires.
    • Cubase
    • Ableton live 
    • Pro Tools 
    • FL Studio 11
  3. Nommez toujours vos pistes. Pour gagner du temps en mixant, une chose primordiale est de nommer chaque piste que vous enregistrez. Vous pourrez ainsi apporter des modifications fréquentes sans faire d'erreurs et sans vous perdre en cours de route. Donnez un nom à chaque piste de la façon qui vous parait la plus simple et la plus intuitive . Vous pouvez par exemple faire ce qui suit.
    • Écrivez entièrement le nom de l'instrument concerné : caisse claire n° 7
    • Employez des abréviations qui vous sont propres : cc7
  4. Créez des codes avec des couleurs . Quand votre morceau comporte une grande quantité de pistes, il est difficile de pouvoir dire à première vue quelle piste correspond à quel instrument. Pour vous faciliter la tâche, vous pouvez cataloguer certains types d'instruments en utilisant des couleurs, ce qui vous permettra de savoir immédiatement à quelle catégorie d'instrument correspond chaque piste.
    • Utilisez du rouge pour la basse
    • Employez du violet pour la voix
    • Servez-vous du bleu pour les claviers
    • Recourez au jaune pour la batterie
  5. Reposez-vous les oreilles. Les meilleurs ingénieurs du son (ingé son en langage pro) font des pauses très fréquentes. En écoutant un morceau encore et encore, vos oreilles se fatiguent et votre jugement en est altéré. Écoutez à un volume bas (on entend mieux toutes les fréquences) pour protéger votre ouïe.
    • Quand vous faites un mixage, essayez ceci : lorsque vous n'entendez pas votre voisin parler normalement (sans hausser la voix), baissez le volume du mix .
  6. Soyez très concentré . Sans une bonne organisation, et si des gens ou des évènements vous procurent des distractions, il vous sera difficile de réaliser un bon mixage . Assurez-vous donc que rien ne viendra perturber votre créativité lors de cet important moment qu'est le mixage d'un morceau. Éteignez votre téléphone et n'autorisez pas les gens à entrer et sortir de la pièce ou à vous parler de choses qui ne concernent pas l'amélioration de votre œuvre.

Planifier un mixage

  1. Familiarisez-vous avec la mise à plat . La mise à plat est importante, car elle vous donne une vision plane du morceau et peut vous influencer beaucoup pour votre mixage définitif . Écoutez la mise à plat de nombreuses fois et prenez des notes de ce que vous aimeriez modifier avant de commencer le mixage.
    • Lorsque vous faites un mixage, demandez-vous toujours quel est l'objectif de l'artiste et du producteur du morceau.
    • Une bonne mise à plat va également vous permettre de découvrir certains problèmes que vous allez rencontrer lors du mix  (la grosse caisse et la basse se chevauchent, la guitare gêne les solos de clavier, les mots ne sont pas compréhensibles à cet endroit...).
  2. Essayez de sentir le mixage. Avant de commencer le mixage, les producteurs écoutent le morceau afin d'avoir un but pour donner sa couleur définitive au mixage. Écoutez donc la mise à plat de nombreuses fois pour comprendre comment les pistes se complémentent, d'où vient l'énergie qui se dégage du morceau, et ce que vous ressentez pour lui donner une belle couleur finale .
    • Quand vous écoutez la mise à plat, placez tous les volumes à 50 % puis modifiez le volume de certaines pistes afin de vous rendre compte de l'interaction existante entre les différents instruments.
  3. Prêtez de l'attention à chaque piste . Écoutez attentivement les pistes et notez vos impressions pour chaque piste qui vous semble particulièrement importante dans le morceau . Lorsque vous ferez le mixage définitif, vous devrez placer certaines pistes plus en avant que d'autres en fonction de l'atmosphère que vous désirez créer. Un morceau plein d'énergie, au tempo rapide, ne pourra pas être mixé de la même manière qu'une langoureuse chanson d'amour ou que la musique d'un film d'horreur .
    • Pour la ligne mélodique, vous devrez certainement employer un (ou des) effet comme de la reverb.
    • Lorsque vous mixez un morceau rapide et plein d'énergie, il pourrait être bon de faire ressortir la ligne de basse de la section rythmique.
    • La voix lead doit être claire et les mots doivent pouvoir se comprendre facilement. Les chœurs peuvent être plus flous.
    • Pour faire un mixage réussi, prenez en compte que les chœurs sont généralement traités comme des instruments d'accompagnement et d'une façon totalement différente de la voix lead .
  4. Étudiez la relation existante entre les pistes . Vous allez vous rendre compte que certaines pistes sont complémentaires, par exemple la guitare et les claviers dans une rythmique. Vous devrez leur accorder une attention particulière pour qu'elles soient équilibrées. Si une piste vous parait ne rien apporter de particulier au morceau, il se pourrait qu'elle soit inutile !
    • Baissez le volume d'une piste et écoutez le résultat. Quel impact cela a-t-il sur le morceau ?
    • Si certaines pistes vous semblent confuses, isolez-les et recherchez la piste qui pose un problème. Vous pourrez choisir plus tard entre intégrer cette piste au mixage de manière particulière ou l'éliminer.
  5. Écoutez des morceaux du même style. En faisant cela, vous allez noter comment l'ingénieur du son a traité les instruments pour construire son mixage. Cela peut aussi vous apporter des idées intéressantes sur les effets que vous pourriez employer . Il est toujours bénéfique de s'inspirer du travail des autres, sans bien sûr perdre sa personnalité.
  6. Efforcez-vous de mixer du bas vers le haut. Soyons plus clairs. Imaginez une pyramide. Vous la voyez ? Essayez maintenant de considérer le morceau que vous avez à mixer comme cette pyramide. Les fondations de votre mixage sont larges, solides et fortes comme certains instruments de votre morceau (la batterie, la basse). Ensuite, vous avez au centre les instruments rythmiques plus légers (les claviers, la guitare). Au somment, vous trouvez ce qui ressort le plus, la voix lead, le solo de sax ou de Moog... Pensez à cela en effectuant votre mixage.
    • En travaillant depuis le bas vers le haut, il vous sera normalement plus facile de bien équilibrer les fréquences de votre mix .

Équilibrer les volumes et orienter les pistes

  1. Analysez la qualité de chaque piste. Lorsque vous commencez à équilibrer les volumes des pistes, les pistes de moyenne ou de mauvaise qualité peuvent vous paraitre peu importantes. Par contre, au fur et à mesure que vous allez incorporer des pistes dans le mixage, elles pourraient avoir une grande importance pour donner de la couleur au morceau, mais elles peuvent aussi gâcher complètement le résultat. En écoutant les pistes une par une, vous pourrez noter le nom des pistes qui vous poseront peut-être un problème .
    • Certaines pistes de mauvaise qualité pourraient devoir être remplacées. Vous pourrez peut-être faire cela plus tard quand vous passerez à l'étape du peaufinage.
  2. Équilibrez le volume des pistes . L'un des points importants d'un mixage est le contrôle du gain  (niveau d'entrée dans la table de mixage). Lorsque le volume d'entrée est trop élevé, certaines basses et hautes fréquences seront perdues. Ce phénomène se nomme le clipping . Pour éviter cela, ajustez le gain convenablement en écoutant les pistes du morceau individuellement.
    • Essayez de conserver le volume de chaque piste assez bas, afin d'avoir de la marge pour apporter des modifications au cours du mixage.
    • Pour commencer votre mixage, le potentiomètre de volume général (le master) de la table de mixage devrait se situer sur -10 dB  (moins 10 décibels).
    • Pour éviter le clipping, il suffit généralement d'observer les DEL (diodes électroluminescentes) de chaque piste et du master. Dans le vert, tout va bien, dans le rouge, le volume est trop élevé .
  3. Utilisez les bus . Dans une ville, plusieurs personnes peuvent monter dans un bus pour se rendre quelque part. Dans un mix, un bus est un canal (en général stéréo) dans lequel plusieurs sonorités vont pouvoir être placées. Ceci vous permet par exemple d'assigner un même effet à certaines pistes facilement.
    • Expérimentez en cherchant quelles pistes peuvent être réunies dans un bus afin de recevoir un traitement particulier.
  4. Travaillez la spatialisation. La spatialisation  d'un morceau se fait à l'aide de potentiomètres nommés les panoramiques. Ils sont présents sur toutes les tables de mixages décentes. Le principe est simple. En trouvant le potard (en langage des pros) vers la droite, le son de la piste va se diriger vers l'enceinte de droite. En le tournant à gauche... Bravo, vous avez trouvé ! Il est préférable de laisser certaines sonorités comme la basse ou la grosse caisse au centre .

Travailler le son

  1. Jouez avec les égaliseurs . Les égaliseurs (equalizer en anglais ou EQ) sont des outils particulièrement importants pour un ingénieur du son ou un producteur. Ils vous permettent de baisser ou d'augmenter certaines fréquences sélectionnées. Il existe deux types d'égaliseurs, les égaliseurs graphiques et les égaliseurs paramétriques. Ils sont spécialement utiles pour modeler le son d'un kit de batterie en retirant les résonnances qui peuvent être provoquées par la caisse claire, la grosse caisse, le tom basse ou les cymbales crash et splash. Vous obtiendrez ainsi une sonorité plus claire et plus pure.
    • Vous pouvez donner plus de présence à une caisse claire en augmentant les basses fréquences, par contre les ingés ont souvent tendance à baisser les basses fréquences des toms et de la charley afin de leur donner une sonorité plus marquante.
  2. Familiarisez-vous avec le compresseur. L'utilité d'un compresseur est d'équilibrer le volume du morceau. Dans un passage doux, le volume va être augmenté alors que dans un passage bruyant le compresseur va le limiter afin d'avoir (plus ou moins) le même volume sonore tout au long du morceau . Il arrive qu'un instrument n'ait pas le même volume tout au long d'un morceau, un compresseur peut arranger cela rapidement et faciliter ainsi le travail de l'ingé son pour faire le mixage en corrigeant les imperfections.
  3. Écoutez la basse et la grosse caisse. La colonne vertébrale d'un morceau est souvent constituée de la basse et la batterie. La grosse caisse et la basse sont d'ailleurs des amies intimes. Pour obtenir un bon résultat, leurs fréquences ne doivent pas interférer, mais au contraire se complémenter . Parfois, une sonorité seule ne sonne pas de manière fantastique, mais mélangée aux autres, le résultat est splendide. L'important est que chaque instrument ressorte clairement et sans empiéter sur les fréquences occupées par les autres.
    • Le mixage d'un morceau peut se comparer au travail d'une équipe de foot. Si tous les joueurs sont regroupés, le résultat ne sera certainement pas la victoire en coupe du monde, mais quand chaque joueur est à sa place, il est possible de gagner.
  4. Employez le noise gate. Le noise gate (réducteur de bruit) va éliminer radicalement toute sonorité (ou bruit) n'atteignant pas un volume minimum (que vous choisissez). Ceci est tout particulièrement important pour éliminer les bruits de fond (le chanteur qui reçoit un message d'une fan, le bassiste qui fait tomber sa bière, le clavier qui renifle...). Tous ces petits bruits qui viendraient polluer votre mix disparaitront comme par magie .
    • Il peut être plus efficace de diminuer le volume lorsqu'il s'agit d'un instrument qui ne joue pas tout au long du morceau.
    • Quand vous désirez filtrer une piste de cymbales, il vous sera très difficile de baisser et monter le volume au moment précis dans tout le morceau. C'est ici que le noise gate devient un grand ami de l'ingénieur du son.
    • Le noise gate peut vous permettre d'obtenir une sonorité globale très nette. Ne soyez pas timide. Expérimentez !
  5. Travaillez avec les panoramiques. Pour bien réussir un mixage, vous n'allez pas placer toutes les pistes au centre. Certains instruments doivent être orientés un peu vers la droite ou vers la gauche, d'autres un peu plus... Si vous êtes débutant, l'idéal est de commencer par placer la basse au centre .
    • Essayez de placer la guitare d'un côté et les percussions de l'autre.
    • Orientez une piste de clavier légèrement à droite ou à gauche.
    • Essayez de positionner les sonorités dans l'espace pour qu'elles ne se trouvent pas aux mêmes endroits .
  6. Incorporez quelques effets. Il existe différents effets que vous pouvez utiliser sur certaines pistes afin de personnaliser les sonorités. Le chorus par exemple peut être employé pour donner de l'ampleur au son, essayez sur un piano électrique, pour un solo de basse, pour des nappes, et sur certaines parties de guitare . Parmi les effets les plus courants et utiles, il existe les 2 suivants.
    • La reverb. La reverb est presque tout le temps employée pour les voix et certains instruments. Elle prolonge le son tout en l'habillant. Vous pouvez régler l'intensité, la longueur, la couleur ...
    • Le delay. Le delay (ou écho) permet de répéter un son ou une phrase (de voix ou d'un instrument). Vous pouvez également régler l'intensité et la longueur, mais aussi la vitesse de répétition .
  7. Servez-vous des automations. Vous pouvez être assisté dans votre mixage avec différentes sortes d'automations. Il est par exemple possible d'automatiser un bus afin que son volume soit plus fort durant les refrains que pendant les couplets pour faire ressortir certaines sonorités. Les automations sont souvent employées pour contrôler des volumes, mais elles ont d'autres usages .
    • Certains retours d'effets peuvent être automatisés facilement. Cela peut vous permettre d'avoir plus ou moins de reverb ou de delay dans certains passages du morceau.
  8. Envoyez la sauce. Une fois que vous avez fait une mise à plat, écouté les pistes une à une durant de longs moments, égalisé les instruments, préparé vos reverbs et autres effets comme vous le souhaitez et réglé votre compresseur-limiteur, appuyez sur le bouton Play (jouer). Vous êtes bien sûr toujours en mesure d'apporter de petites modifications pour parfaire votre mixage. Ne lâchez pas prise tant que vous n'êtes pas satisfait du résultat.
  9. Explorez et rompez les barrières. Même s'il existe des techniques employées par tous les ingés son sur toute la planète pour faire un mixage, vous pouvez sortir des sentiers battus et vous risquer à faire du jamais entendu ! Ceci est plus facile pour certains styles musicaux que pour d'autres, mais il n'y a pas de réelles limites. Osez, et faites confiance à vos oreilles, et parfois aux remarques de vos amis .

Conseils

  • Un égaliseur ne sert pas uniquement à effectuer des réglages fins, il peut aussi se révéler pratique pour corriger une piste ou une sonorité de mauvaise qualité en employant le filtre passe-haut (high-cut EQ) ou passe-bas (low cut EQ).
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