Comment discipliner un enfant

C'est beaucoup plus facile de témoigner de l'amour à son enfant que de le discipliner. Après tout, vous aimez votre enfant ! Cependant, si vous souhaitez le voir devenir un enfant bien élevé, capable de se contrôler et de faire la différence entre le bien et le mal, il va bien falloir lui inculquer un peu de discipline... même si c'est difficile. Suivez les étapes ci-dessous pour apprendre à discipliner votre enfant sans altérer pour autant votre relation ou vos nerfs.

Mettre en place une discipline cohérente

  1. Soyez cohérent. Si vous souhaitez que vos enfants soient bien élevés, il faut absolument que vous soyez cohérent dans les règles que vous mettez en place, et dans vos attentes en tant que parent. Une fois que vos enfants auront compris que vous les laissez mal se conduire lorsque vous êtes fatigué, distrait ou que vous vous sentez triste pour eux, ce sera beaucoup plus difficile pour eux de bien se conduire. Bien que cela puisse être difficile d'avoir toujours les mêmes attentes, surtout après une longue journée de travail, c'est la seule façon d'être pris au sérieux par vos enfants et de s'assurer qu'ils respectent les règles établies.
    • Une fois que vous avez établi un système de discipline, appliquez-le avec rigueur. Par exemple, si à chaque fois que votre enfant casse un jouet il doit en « gagner » un nouveau en effectuant des tâches domestiques, ne faites pas d'exception si un jour vous êtes vraiment triste pour lui.
    • Soyez cohérent et rigoureux, même en public. Bien que cela soit plus facile à dire qu'à faire, ne changez pas vos règles parce que votre enfant fait un caprice en public. Si par exemple vous n'autorisez votre enfant à manger chez McDonald's qu'une fois par mois, ne pliez pas juste parce qu'il fait une colère dans la rue. Même si c'est embarrassant de subir un caprice de son enfant devant des inconnus, cela vaut mieux que de lui laisser penser qu'il peut obtenir ce qu'il veut en faisant un caprice en public.
    • Si vous élevez un enfant avec votre conjoint ou votre partenaire, il faut être uni face à lui et adopter le même système de discipline. Il ne s'agit pas d'avoir un parent jouant le rôle du « bon flic » et l'autre celui du « mauvais flic », car cela pourrait pousser l'enfant à préférer un de ses parents et générer des tensions au sein de votre couple aussi bien qu'avec votre enfant.
  2. Soyez toujours respectueux de votre enfant. Souvenez-vous que, quel que soit son âge et quel que soit votre énervement, votre enfant reste un être humain. Pour que votre enfant respecte votre autorité, il faut de votre côté respecter le fait qu'il est un être imparfait avec ses propres besoins et ses propres envies, mais n'en a pas moins besoin de l'amour et du respect de ses parents. Voici comment procéder :
    • Si vous êtes réellement fâché contre votre enfant en raison de sa mauvaise conduite, prenant le temps de vous calmer avant de parler. Si vous découvrez en entrant dans le salon que votre enfant a renversé du soda sur le tapis blanc tout neuf, vous risquez de regretter vos paroles si vous le punissez immédiatement.
    • N'insultez jamais votre enfant. Cela ne ferait rien d'autre que de diminuer son estime personnelle et aggraver la situation. Plutôt que de lui dire qu'il est stupide, dites plutôt que son attitude n'était pas très maligne.
    • Évitez toutes les situations où vous pourriez vous conduire de manière inappropriée et avoir à vous en excuser plus tard.
    • Montrez l'exemple. Comportez-vous comme vous souhaiteriez voir votre enfant se comporter ou vous risqueriez de montrer le mauvais exemple.
  3. Faites preuve d'empathie. Être empathique ne signifie pas être sympathique, mais être capable d'apprécier les sentiments, les problèmes et les difficultés que rencontre votre enfant afin de comprendre pourquoi il agit comme il le fait. Être sympathique consiste juste à vous sentir triste pour votre enfant lorsqu'il se comporte mal et à vouloir le « secourir » lorsqu'il rencontre un problème. Voici des conseils pour faire preuve d'empathie :
    • Parlez à votre enfant de ce qu'il ressent. Si votre fille a cassé sa poupée préférée en se battant avec sa sœur, parlez avec elle et dites-lui que vous comprenez qu'elle soit triste d'avoir cassé son jouet préféré. Montrez-lui que, bien que sa conduite reste inacceptable, vous comprenez tout de même qu'elle ait de la peine.
    • Essayez de comprendre les raisons qui poussent votre enfant à mal se comporter. Peut-être que votre enfant est en train de jouer avec sa nourriture lors d'une réunion de famille parce qu'il s'ennuie à mourir, car il n'y a aucun enfant de son âge avec qui il peut discuter. Peut-être fait-il un caprice pour obtenir un jouet alors qu'au fond il est simplement très triste que son père soit encore parti en voyage d'affaires.
  4. Formulez clairement vos attentes. Il est primordial que votre enfant sache exactement ce que vous considérez bien ou mal et les conséquences entraînées par un mauvais comportement. Une fois qu'un enfant est assez grand pour comprendre ce que vous attendez de lui, vous devez lui expliquer clairement que lorsqu'il se comporte d'une façon, il y aura toujours la même conséquence. Voici comment expliquer à votre enfant ce que vous attendez de lui : br>
    • Si vous décidez de mettre en place une nouvelle technique de discipline, expliquez-le à vos enfants avant qu'il y ait un problème ou ils risqueraient de ne pas comprendre la sanction.
    • Prenez le temps de discuter avec vos enfants de ce qu'il se fait de bien et de mal. Lorsque l'enfant est suffisamment grand, créez un climat de confiance en lui expliquant ce qui est bien ou mal dans son attitude et ce que vous attendez de sa part.
    • Lorsqu'un enfant est assez grand, il peut choisir lui-même une récompense lorsqu'il s'est bien comporté, tant que cela reste raisonnable.
  5. Faites preuve d'autorité, pas d'autoritarisme. Un parent peut faire preuve d'autorité en ayant des attentes claires et en montrant à ses enfants que leurs actes ont des conséquences, tout en étant aimant et affectueux. Un tel parent reste souple et se montre capable de discuter des problèmes et de chercher des solutions. Bien que cela demande des efforts, c'est le style d'éducation idéal. Un parent faisant preuve d'autoritarisme sera clair sur les actions et leurs conséquences, mais ne donnera pas assez d'affection à son enfant et n'expliquera pas les valeurs qui sous-tendent les règles qu'il impose. Cela peut conduire un enfant à se sentir rejeté et à ne pas comprendre l'importance des règles.
    • Il faut également éviter d'être un parent permissif. Ce type de parent laisse son enfant faire ce qu'il veut parce qu'il l'aime trop pour lui dire non, qu'il a de la peine pour lui ou pense simplement que l'enfant finira par développer son propre système de discipline.
    • Bien que ce soit plus simple d'être un parent permissif, cela a des effets négatifs sur l'enfant, principalement lorsqu'il atteint l'âge adulte ou durant son adolescence. Si l'enfant devient un adolescent ou même un adulte, qui pense encore qu'il peut obtenir ce qu'il veut, le réveil risque d'être douloureux.
  6. Prenez en compte l'âge et le tempérament de l'enfant. Les enfants sont tous différents et il faut prendre en compte la personne de votre enfant lorsque vous infligez une punition. Lorsque l'enfant grandit, il faut également adapter le système de discipline en fonction de sa maturité. Attention à ne pas donner à votre enfant une punition qui serait adaptée à un enfant plus âgé. Voici comment procéder :
    • Si votre enfant est bavard et sociable, adaptez-vous à ce trait de caractère. Bien qu'il faille apprendre à votre enfant à s'exprimer sans excès, ne cherchez pas à le transformer en un enfant calme et timide. Ce n'est tout simplement pas lui !
    • Si votre enfant est ultra sensible, n'encouragez pas cette attitude, mais soyez conscient qu'il a besoin de plus d'affection de temps à autre ;
    • Jusqu'à 2 ans, vous pouvez dire « non » fermement à votre enfant lorsqu'il se comporte mal et retirez de la maison les bêtises tentantes. De 2 à 5 ans, mettre un enfant « au coin » ou seul dans sa chambre est un moyen efficace de lui montrer qu'il a dépassé les bornes.
    • À partir de 2 ans, votre enfant est assez grand pour qu'on lui explique ce qu'il n'a pas le droit de faire avant que cela arrive. Vous pouvez lui indiquer la bonne façon d'agir à la place. Par exemple, dites « Tu ne devrais pas donner des ordres aux autres enfants au parc, mais plutôt être gentil avec eux. De cette façon tu t'amuserais davantage. »
    • Les enfants âgés de 6 à 8 ans sont assez grands pour comprendre les conséquences de leurs actes. Ils peuvent comprendre que s'ils renversent quelque chose sur le tapis, ils doivent aider à nettoyer.
    • Les enfants âgés de 9 à 12 ans peuvent comprendre les conséquences naturelles de leurs actes. Si par exemple votre enfant n'a pas fini sa fiche de lecture la veille de la rendre, il devra faire face à une mauvaise note.

Essayer plusieurs méthodes disciplinaires

  1. Apprenez à votre enfant qu'il y a des conséquences naturelles. Faire comprendre à votre enfant qu'il y a des conséquences naturelles à ses actes est un bon moyen de lui apprendre à appréhender la déception et de lui montrer qu'une mauvaise conduite peut entraîner pour lui de la tristesse et des regrets. Au lieu de toujours le tirer d'affaire, dans certaines situations, laissez votre enfant faire face aux conséquences négatives de ses actions. Un enfant doit être âgé d'au moins 6 ans pour comprendre les conséquences naturelles.
    • Si un enfant casse un jouet ou l'abîme en le laissant dehors au soleil, ne vous précipitez pas pour acheter un nouveau jouet. Laisser le, privé de son jouet pendant un temps, cela lui permettra d'apprendre à prendre soin de ses affaires.
    • Apprenez-lui à être responsable. Si l'enfant n'a pas fini ses devoirs parce qu'il a préféré regarder la télévision, laissez-le avoir une mauvaise note et gérer la déception que cela lui procure, plutôt que de vous précipiter pour l'aider à faire ses devoirs.
    • Si votre enfant n'est pas invité à l'anniversaire d'un petit voisin parce qu'il n'a pas été gentil, montrez-lui qu'il aurait été invité s'il s'était conduit plus gentiment.
  2. Apprenez à votre enfant qu'il y a des conséquences logiques. Les conséquences logiques sont celles que vous décidez de donner à la mauvaise conduite de votre enfant. Pour que ce soit efficace et que l'enfant ne refasse pas la même erreur, la conséquence logique doit être directement liée à la mauvaise conduite de l'enfant. Chaque type de mauvaise conduite doit avoir sa propre conséquence logique et celle-ci doit être annoncée à l'avance. Voici quelques exemples :
    • Si l'enfant ne range pas ses jouets, il n'aura pas le droit de jouer avec pendant une semaine.
    • Si vous surprenez votre enfant à regarder la télé alors qu'il n'en a pas le droit, il sera privé de télé pendant une semaine.
    • Si l'enfant manque de respect à ses parents, il n'aura pas le droit d'aller jouer tant qu'il n'aura pas compris comment se comporter correctement.
  3. Apprenez la discipline positive à votre enfant. Il s'agit d'une méthode permettant à votre enfant d'aboutir à une conclusion positive qui lui permettra de mieux se comporter la fois suivante. Pour cela, vous devez prendre un moment avec votre enfant pour discuter avec lui de ce qu'il a fait et de ce qu'il est possible de faire par la suite.
    • Si votre enfant a perdu sa batte de base-ball parce qu'il s'est montré irresponsable, discutez avec lui de la façon dont cela s'est produit. Demandez-lui comment il va se débrouiller sans sa batte et comment il pense qu'il va pouvoir jouer sans elle. Peut-être pourrait-il emprunter la batte d'un ami jusqu'à ce qu'il soit capable d'en « gagner » une autre. Laissez l'enfant comprendre les conséquences de son erreur et cherchez avec lui une solution.
    • Dans la méthode de discipline positive, on considère qu'envoyer un enfant seul dans sa chambre ou « au coin » rend l'enfant honteux et le met en colère, sans pour autant lui faire vraiment comprendre en quoi son attitude est mauvaise et comment y remédier. Avec la discipline positive, l'enfant est envoyé dans un endroit spécial pour le calmer, avec des coussins et ses jouets préférés, jusqu'à ce qu'il soit prêt à discuter de son comportement. C'est une façon d'apprendre à contrôler ses émotions et à prendre le temps de réfléchir avant d'agir. Ces aptitudes lui serviront toute sa vie.
  4. Mettez en place un système de récompense pour votre enfant. Il est important qu'un système de récompense soit également en place, afin qu'il y ait des conséquences positives au bon comportement de l'enfant. N'oubliez pas : il est aussi important d'encourager un enfant à bien se conduire que de le discipliner quand il se conduit mal. En montrant à l'enfant la bonne façon de se conduire, il comprendra plus facilement ce qu'il ne doit pas faire.
    • Une récompense peut très bien être une simple sucrerie lorsque l'enfant a fait quelque chose de bien. S'il sait qu'il aura droit à de la glace s'il finit d'abord ses légumes, il y a plus de chances qu'il y mette de la bonne volonté !
    • Votre enfant peut décider avec vous de sa récompense, dans les limites du raisonnable. Si l'enfant veut un nouveau jouet, vous pouvez décider que pour l'obtenir il lui faudra être sage pendant un mois entier.
    • N'utilisez pas les récompenses comme moyen de « chantage » avec votre enfant. Votre enfant doit comprendre quelle est la bonne attitude à adopter et pas seulement qu'il faut « être gentil » pour obtenir ce qu'on veut.
    • Complimentez votre enfant sur sa bonne conduite dès que vous le pouvez. Il ne faut pas que votre enfant n'entende des commentaires sur sa conduite que lorsqu'elle est mauvaise.
  5. Évitez les sermons, les menaces et les fessées. Non seulement cela ne sert à rien, mais en plus cela risque de conduire votre enfant à vous ignorer ou à vous en vouloir, en plus de le blesser avec vos mots et vos actions. Voici plusieurs raisons pour lesquelles il faut les éviter.
    • Les enfants ont tendance à ne pas écouter les sermons quand cela leur semble vide de sens. Si vous faites un sermon à un enfant parce qu'il a perdu un jouet, tout en lui en rachetant un nouveau, il se dira juste que ce que vous dites n'a pas d'importance.
    • Si vous faites des menaces vides à votre enfant, par exemple qu'il sera privé de télé s'il ne range pas sa chambre alors que cette punition n'arrivera pas, votre enfant comprendra que vous ne pensez pas ce que vous dites.
    • Les fessées peuvent rendre les enfants plus agressifs tout en leur faisant penser que c'est normal de faire mal à quelqu'un qu'on aime.
  6. Faites une pause. Bien qu'il soit effectivement important d'être un modèle pour vos enfants et de trouver des méthodes de discipline qui fonctionnent bien pour vos enfants, personne n'est parfait. Vous ne pouvez pas être le parent idéal vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il y aura forcément des moments où, malgré vos efforts, vous vous direz que vous auriez pu mieux faire. C'est normal.
    • Excusez-vous auprès de vos enfants si jamais vous avez fait quelque chose que vous regrettez. Expliquez-lui simplement que vous avez vous aussi vos problèmes.
    • Si votre semaine est particulièrement dure et que vous vous sentez mis à l'épreuve émotionnellement, n'hésitez à vous appuyer sur votre conjoint, si vous avez un. Demandez-lui de s'occuper des questions discipline le temps de vous remettre.

Conseils

  • Il ne faut jamais comparer un enfant à ses frères et sœurs, cela risquerait juste de lui donner une mauvaise estime de lui ou de lui faire croire qu'il ne compte pas pour vous.
  • Pour aider les enfants plus âgés à changer d'attitude, vous pouvez coucher sur papier les difficultés que vous rencontrez, en discuter ensemble et amener l'enfant à discuter de son propre programme d'action. Faites en sorte que ce programme ait des échéances vérifiables et incluez-y des récompenses en cas de bonne conduite, ainsi que des punitions.
  • Avec les enfants les plus jeunes, calculez une minute au coin par année d'âge de l'enfant. N'allez pas au-delà pour éviter que l'enfant se sente exclu, abandonné et ne perde confiance en vous.
  • Si vous faites des exceptions et des menaces en l'air ou négligez de corriger l'attitude de votre enfant lorsqu'il est petit, ce sera d'autant plus difficile de corriger sa mauvaise conduite lorsqu'il sera plus âgé.
  • Tout le monde a besoin de faire plusieurs essais avant d'apprendre et de repartir à zéro et c'est d'autant plus vrai pour les enfants. Si un jeune enfant commet deux fois la même erreur à une semaine d'intervalle, ce n'est pas la même chose que s'il la commet plusieurs fois dans la même journée. Les enfants ont une façon différente de se souvenir des choses. Gardez ça en tête avant de punir votre enfant.
  • Respectez toujours la stratégie que vous avez choisie, même si vous êtes vraiment très fâché à un moment donné. Lorsque l'on est en colère, il est impossible de réfléchir avec clarté. Vos hormones peuvent prendre jusqu'à une heure avant de retrouver un niveau normal, c'est pour cette raison qu'il faut prendre le temps de se calmer avant d'agir.
  • Même si votre enfant est particulièrement intelligent, il reste avant tout un enfant. Évitez la psychanalyse et de discuter avec votre enfant de ses problèmes comme s'il était adulte. Contentez d'énoncer les règles et les conséquences qui existent s'il ne les respecte pas et veillez à toujours faire appliquer ces règles. De cette façon, votre enfant évoluera dans un univers juste, prédictible et rassurant.
  • Ne récompensez pas systématiquement la bonne conduite, car les récompenses deviendraient requises. Vous pouvez par contre récompenser occasionnellement la bonne conduite de votre enfant.

Avertissements

  • N'hésitez pas à demander de l'aide pour discipliner votre enfant si cela devient nécessaire. Il existe des cas où l'avis d'un professionnel pourra vous être utile pour trouver des solutions, notamment si votre enfant vous manque de respect continuellement sans jamais vous écouter et plus encore s'il fait preuve d'agressivité ou de violence de manière répétée.
  • Il ne faut jamais punir un enfant en lui infligeant des sévices corporels. Il peut déjà être discutable d'avoir recours à une simple fessée, mais lorsqu'il s'agit de frapper un enfant au point de lui infliger une douleur importante, c'est tout simplement inexcusable.
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